Sighet, une île à la frontière

2013-09-08 15:46:00

Le théâtre d’une des expérimentations les plus macabres et les plus réussies du régime communiste...

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Sighet est la ville la plus au nord de Roumanie, située sur la frontière avec l’Ukraine. Une bourgade paisible, comme tant d’autres en Transylvanie, centre commercial et culturel régional du temps de l’empire d’Autriche-Hongrie, avec une dimension multiculturelle et multiconfessionnelle qui est à envier.

 

Assez peu connue au-delà des limites de sa province, Maramures, rien - ou presque - ne faisait entrevoir la destinée de Sighet, à la moitié du 20e siècle. Dans les années 1950, la ville fut le théâtre d’une des expérimentations les plus macabres et les plus réussies du régime communiste. La vieille prison impériale, située littéralement au cœur de la ville, fut transformée en un pénitencier de haute sécurité où fut incarcérée la quasi-totalité des ministres et des hommes politiques importants d’avant l’installation du communisme, chassés de la vie publique par les acolytes locaux de Staline.

 

L’existence de cette prison changea radicalement la vie des habitants de Sighet, qui devaient composer non seulement avec les transformations sociales imposées par le régime, mais aussi avec le poids symbolique de l’établissement carcéral, gardé comme une forteresse.

 

Des tomes entiers et des centaines d’heures de témoignages sur l’extermination lente des personnalités emprisonnées ici ont été publiés après la chute du régime communiste, sans que le sort des gens autour de cette prison intéresse les chercheurs. Comment la vie des « Sigheteni » se déroulait-elle à l’époque ? Comment la prison imposait-elle son existence à la ville, quels interdits devait-on observer ? Si des victimes étaient à l’intérieur, n’y en avait-il pas aussi à l’extérieur ?

 

A l’occasion des 20 ans écoulés depuis la création du Mémorial des victimes du communisme – ce que l’ancien pénitencier de Sighet est de nos jours – RRI donne, pour la première fois, la parole aux habitants de la ville afin de reconstituer une tranche d’histoire des anonymes, peut-être moins mouvementée à l’échelle historique, mais tout aussi dramatique et spectaculaire pour un destin humain.

 

Un grand reportage par Ileana Taroi et Andrei Popov. Réalisation, Mihnea Chelariu du Théâtre National Radiophonique

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