Gabriel Paun, Prix EuroNatur 2016

gabriel paun, prix euronatur 2016 "J’ai été quelqu’un de très timide, mais pour les besoins de l’environnement, qui est le support de la vie pour nous tous, j’ai dû me faire entendre"...

Quel est le rapport entre le lac de Constance, l’île de Mainau, la Fondation EuroNatur et le nom d’un biologiste et écologiste roumain, Gabriel Păun ? Depuis cet automne, le Prix EuroNatur 2016 pour son implication dans la protection des forêts fait le lien entre tous les éléments énoncés. Ce n’est pas un prix de nature matérielle ; il honore un engagement extraordinaire dans le domaine de la préservation de la nature.

 

Nous avons invité Gabriel Pàun au micro de RRI pour nous raconter son histoire. Fondateur et président de l’Association Agent Green, il s’est senti attiré par la protection de la nature dès son enfance : « J’ai été quelqu’un de très timide, mais pour les besoins de l’environnement, qui est le support de la vie pour nous tous, j’ai dû me faire entendre. La voie que j’ai suivie, je la connaissais depuis que j’étais petit : j’ai eu la chance de n’avoir eu aucun doute sur ma carrière. Dès que j’étais enfant, j’ai établi un lien très fort avec la nature. J’ai donc été prêt à embrasser ce combat que je mène encore aujourd’hui pour un environnement plus propre, pour avoir des forêts intactes et tous les animaux qui existent dans ces forêts. »

 

Notre interlocuteur a mené des campagnes nationales et internationales pour protéger la nature et les animaux, activant chez Greenpeace et Vier Pfoten International. Il habite en Autriche depuis cinq ans, et c’est de là qu’il lance ses campagnes vers la Roumanie. Qu’est-ce que le Prix EuroNatur obtenu cette année représente pour Gabriel Pàun ? « Le Prix EuroNatur 2016 a d’abord constitué une surprise, parce que ce que nous faisons pour la Roumanie a été entendu à l’étranger. Une surprise agréable, parce que c’est un prix de prestige, qui avait été antérieurement accordé à des personnalités qui ont fait beaucoup plus que moi ; je ne peux même pas me comparer à eux : le prince Charles, Nelson Mandela ou Gorbatchev. Des gens qui ont accompli des choses tout à fait spéciales et grandioses. Même si ce prix m’a apporté une grande joie, il m’a également attristé parce que chez moi en Roumanie, je ne bénéficie pas de la même reconnaissance. Je suis considéré plutôt incommode pour les corporations, incommode pour le gouvernement, avec lequel nous essayons de coopérer, mais cela dure parce que nous ne reconnaissons pas que nous avons un problème réel. Les citoyens lambda qui comptent vraiment pour nous nous apprécient ; ils nous encouragent à aller de l’avant, et cela est important pour nous. »

       

Est-ce un acte de courage que d’être militant en Roumanie, Gabriel Pàun ? « Selon moi, ce n’est pas un acte de courage, c’est une nécessité. Bien des fois, j’ai risqué ma vie sciemment, parce que l’on en était arrivé à parler beaucoup de la verdure et on ne faisait rien. La pression sur les forêts est arrivée même dans les parcs nationaux. Ce n’est pas normal d’intervenir dans des parcs nationaux et que les dernières forêts vierges se perdent. Si c’est le cas, c’est que le problème a une profondeur insoupçonnée. »

 

Pour l’avenir, il a des plans ambitieux : « Nous souhaitons beaucoup contribuer de manière décisive à la lutte contre les coupes illégales de forêts, mettant en place avec les décideurs un système robuste de traçabilité du bois, depuis la forêt jusqu’au produit fini. C’est à peine alors que nous pourrons arrêter les coupes illégales. Tout sera contrôlé. »

 

La confiance de Gabriel Pàun en sa mission est totale, et son argument c’est que s’il existe des pays qui ont réussi, il est sûr que nous pouvons réussir aussi. (trad. : Ligia Mihaiescu)


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Publicat: 2016-12-23 14:22:00
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