« Ana, mon amour » au Festival de Berlin

« ana, mon amour » au festival de berlin Ours d'argent pour le montage signé par Dana Bunescu de cette histoire d'attraction et rejet qui consume un jeune couple d'aujourd'hui

Elle n’en croyait pas ses oreilles, Dana Bunescu. La chef monteur du film « Ana, mon amour », du réalisateur roumain Călin Peter Netzer, fut appelée sur la scène du gala de la Berlinale, le Festival du film de Berlin, pour recevoir son Ours d’argent des mains du président du jury, le grand Paul Verhoeven. « Au tout début, j’ai cru que c’était une farce », dit la très modeste Dana Bunescu, une des monteuses les plus convoitées du cinéma roumain. Son trophée était d’ailleurs bien mérité, vu la déferlante de louanges qui a accompagné le passage de « Ana, mon amour » par la sélection officielle de la Berlinale, déroulée du 9 au 19 février. Cette production sortira en salle en Roumanie le 3 mars, peu après sa première internationale. Rappelons-nous, en 2013, le film « Mère et fils (la position de l’enfant) » de Călin Peter Netzer a remporté l’Ours d’Or du meilleur film. Le réalisateur propose cette année un long métrage qui explore la dynamique des plus importantes relations dans la vie d’un être humain. « Ana, mon amour » est une incursion atypique à travers les moments les plus tendus et les plus sensibles dans l’évolution d’un couple.

 

Le scénario, signé par Călin Peter Netzer, Cezar Paul Bădescu et Iulia Lumânare, est inspiré du roman « Luminiţa, mon amour » de Cezar Paul Bădescu. « C’est le film de Netzer, mon roman lui a servi uniquement comme point de départ » - a précisé Cezar Paul-Bădescu. Nous lui avons demandé quelle avait été sa réaction en voyant le film pour la première fois : « C’est étrange : je connaissais l’histoire et pourtant j’ai été bouleversé. D’ailleurs c’est un film qui touche le spectateur et le fait réfléchir, l’invite à s’analyser, à descendre profondément, très profondément, en lui-même. Le film raconte une toute autre histoire que le roman. Le réalisateur Călin Peter Netzer a choisi un angle différent du mien ; dans mon roman j’ai porté mon attention sur d’autres aspects. Pourtant, il est vrai que le fondement est le même. Bref, il s’agit d’une relation amoureuse qu’un certain ingrédient rend spéciale, à savoir un trouble mental.  Même si ce trouble n’est pas grave, il a un impact sur la relation au sein du couple. Mon roman n’a pas été porté à l’écran, il a seulement servi de point de départ. Quand nous avons écrit le scénario du film, Călin Peter Netzer a choisi quelques scènes de mon livre pour tisser l’histoire, ensuite nous avons développé ensemble d’autres scènes qui ne se retrouvent pas dans le livre et qui ont été imaginées notamment par Călin. »

 

Déjà connue du public grâce au film « Souvenirs de l’Epoque d’Or  - 2» et à deux séries télévisées, l’actrice Diana Cavallioti en est à sa première collaboration avec Călin Peter Netzer : « Ce fut une expérience troublante. Le tournage a duré assez longtemps, les répétitions aussi, environ 3 mois et elles ont été si intenses qu’elles ont eu un grand impact sur moi. Pendant 6 mois je me suis occupée d’ «Ana, mon amour » du matin au soir, 7 jours sur 7. Construire un tel rôle oblige l’acteur à se mettre dans des situations difficiles. S’y est ajoutée la façon dont j’ai travaillé avec le réalisateur Călin Peter Netzer et tout ce que j’ai dû faire pour ce film – entre autres faire une psychanalyse, par exemple.  Ce sont là des choses qui vous font sortir de la zone de confort.  Je pense qu’en fin de compte, ce film a réussi – et il a très bien fait – à ébranler notre confort.

 

Dans le film « Ana, mon amour », Diana Cavallioti a pour partenaire l’acteur Mircea Postelnicu, qui jouait pour la première fois un rôle principal dans un long métrage : « Je n’ai eu qu’à gagner de cette expérience, du sujet abordé par Călin et de la façon dont il l’a fait. Ce film a été pour moi une heureuse rencontre, celle avec Călin, mais aussi avec les autres acteurs et avec le sujet abordé. Il a beaucoup représenté pour moi et je me suis rendu compte qu’il avait ouvert des soupapes qui étaient fermées en moi depuis longtemps –  et je pense notamment à tout le côté psychanalytique du film. Si je devais résumer l’histoire, je dirais qu’il s’agit d’une liaison un peu maladive parce que fondée surtout sur des projections, des pensées, que les deux personnages, Ana et Toma alimentaient, en faisant reposer leur relation sur des bases entièrement malsaines. Ils cherchent un équilibre et tâchent de retourner à la vérité qui se cache derrière leur relation. Et d’une certaine façon, cette histoire finit par devenir une quête intérieure, une quête de soi. C’est donc l’histoire d’une quête, elle parle du chemin que les deux personnages vont parcourir ensemble, de la façon dont chacun d’entre eux découvre les réponses qu’il est en train de chercher et retrouve son équilibre. » 

 

« Ana, mon amour » est le 4e long métrage de Călin Peter Netzer, après « Maria » (sorti en 2003 et primé aux prestigieux Festival de Locarno), « La Médaille d’honneur » (sorti en 2009 et qui a été récompensé du Prix Silver Alexander au Festival de Thessalonique) et « Mère et fils (la position de l’enfant) » (sorti en 2013 et le plus gros succès du box office des 15 dernières années. « Ana, mon amour » est une production Parada Film, en coproduction avec Augenschein Filmproduktion (DE) et Sophie Dulac Productions. (trad. : Dominique)


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Publicat: 2017-02-25 14:00:00
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