La Corée du Nord, un point chaud sur la carte du monde

la corée du nord, un point chaud sur la carte du monde Les tests nucléaires effectués récemment, avec succès, par la Corée du Nord agitent les esprits au sein de la communauté internationale. Les critiques dures de la part des Etats Unis et de l’UE n’ont pas tardé, ni les sanctions internationales.

La résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU qui impose de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord a été saluée à Strasbourg par la vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, haute représentante en charge de la politique extérieure et la sécurité, qui s'est exprimée devant le Parlement européen sur des thèmes de politique internationale d'actualité. Federica Mogherini a souligné que ces mesures ne constituaient pas un but en soi, mais ouvraient la voie à un processus politique de négociations, soulignant qu'aucune solution militaire n'était envisageable pour résoudre cette crise. Une attaque militaire serait inutile et pourrait avoir plutôt des effets négatifs, a déclaré Federica Mogherini. Elle a également salué l'approche unitaire des pays de l'UE, qui sont également membres du Conseil de sécurité et qui se sont exprimés d'une seule voix. 


De l'autre côté de l'Atlantique, le président américain Donald Trump a affirmé que les récentes sanctions imposées à Pyongyang n'étaient qu'un petit pas, qui ne pouvait pas se comparer aux mesures nécessaires pour arrêter le programme nucléaire nord-coréen. Les sanctions les plus dures imposées jusqu'ici au régime totalitaire nord-coréen, qui limitent les importations de carburants et suspendent les importations de textiles, répondent à un essai nucléaire, effectué par la Corée du Nord le 3 septembre dernier, et au tir d'un missile balistique à moyenne portée, au-dessus du Japon à la fin août. 


Invité à Radio Roumanie, l'analyste politique et militaire Iulian Chifu a parlé de la politique agressive affichée par Pyongyang et des possibles ripostes de la communauté internationale : « Nous ne pouvons pas parler d'une guerre de longue durée. Moi, je pense que, dans le pire des cas, ce sera le plan américain d'une action chirurgicale qui élimine, en une seule nuit, donc à une vitesse extrême, les capacités nucléaires et balistiques ainsi que le leadership de la Corée du Nord. Cela ne veut pas dire que nous n'aurons pas, à posteriori, de problèmes majeurs, sur fond d'instabilité dans ce pays. Je m'attends à une invasion chinoise dans le nord, pour stabiliser la situation et maintenir la zone-tampon. Dans un ordre d'idées différent, je ne m'attends pas à ce que le monde occidental détienne une formule d'attaque ou de descente ou d'intervention là-bas. En fin de compte, tout ça finira à la table des négociations, c'est une évidence. Il est vrai que toute négociation part de la situation sur place. Et sur ce point, je crois que la Corée du Sud doit se préparer à la réunification. Elle peut être visée à tout moment par une attaque, un missile, une démonstration de force du Nord, comme un préalable proactif contre toute attaque apparemment imminente. Moi, je crois, cependant, qu'il existe assez de raison et de moyens pour qu'une formule à chaud, guerrière, ne soit pas développée, à l'exception, peut-être, comme je vous le disais, d'une intervention chirurgicale. »  

Du point de vue de l'Organisation du Traité de l'Atlantique du Nord, le programme nucléaire de la Corée du Nord est « une menace globale qui demande une réponse globale. Et cela inclut aussi, bien évidemment, l'OTAN », a déclaré le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, dans une émission de la BBC ; il a néanmoins, refusé de dire si une attaque contre les territoires américains de Guam entraînerait l'application du pacte de défense collective de l'OTAN. Guam, territoire insulaire des Etats Unis dans l'Océan Pacifique, est un avant-poste militaire important des forces américaines et un sujet de rhétorique dure de Pyongyang. « Je ne me lancerais pas dans spéculations sur l'application ou non de l'Article 5 du Traité. Je me contenterais de dire que nous sommes entièrement concentrés sur la modalité de contribuer à une solution pacifique du conflit et de faire pression sur la Corée du Nord pour qu'elle mette fin à son programme nucléaire militaire », a ajouté Jens Stoltenberg. 


Dans toute cette équation, la Russie et la Chine gardent leur statut spécial. Les nouvelles sanctions votées au Conseil de sécurité de l'ONU ne sont pas aussi sévères que celles proposées par les Etats Unis, suite aux discussions entre Washington et Moscou et entre Washington et Beijing. La Chine, qui souhaite la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la stabilité de la région, a renouvelé son appel au dialogue, tout de suite après l'adoption des nouvelles mesures. Dans le même temps, Moscou a souligné l'absence d'une alternative à la solution politique et diplomatique du problème nord-coréen. De l'avis des analystes, un conflit militaire aurait un effet dévastateur aussi bien sur le Nord que sur le Sud. Certains commentateurs considèrent, cependant, que le leader de Pyongyang, Kim Jong-un, cherche à obtenir une défense nucléaire plutôt qu'une guerre ouverte. (Trad. Alex Diaconescu, Ileana Taroi)


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Publicat: 2017-09-22 14:17:00
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