Le semestre européen de la Roumanie

le semestre européen de la roumanie La Roumanie a repris officiellement, jeudi, la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne.

Admise dans les structures européennes le 1er janvier 2007, la Roumanie exerce, en première, la présidence semestrielle du Conseil de l’Union européenne, qu’elle a reprise de l’Autriche et qu’elle remettra à la Finlande. En mars prochain, le Brexit deviendra officiel et devra être géré, de même que les lignes fondamentales du prochain cadre financier, 2021-2027, et une stratégie cohérente dans le domaine de la migration. Au total, 257 dossiers seront débattus en l’espace de seulement quatre mois, parce que le début de la campagne pour les élections européennes est prévu en mai.

 

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et les membres du Collège des Commissaires, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, et celui du Conseil européen, Donald Tusk, ont fait le déplacement à Bucarest. Le cadre des festivités a été le bâtiment emblématique de la capitale roumaine, l’Athénée, grande salle de musique du centre-ville. Le moment a été marqué aussi par un concert donné par l’Orchestre de l’UE. Les allocutions des plus hauts responsables politiques roumains et communautaires ont exprimé, à l’unisson, la confiance que le semestre de la présidence roumaine serait une histoire à succès. Dans un discours mémorable, prononcé intégralement en roumain, et qui a ému toute l’assistance, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a avoué combien importante pour lui est l’œuvre des grands intellectuels ou encore les performances sportives de grands champions roumains. Donald Tusk :

 

« L’épisode qui m’est resté le mieux en mémoire, c’était la finale de la Coupe des clubs champions européens de football de Séville, en 1986, quand Steaua Bucarest a vaincu le FC Barcelone. Et je voudrais faire appel à tous les Roumains de défendre, en Roumanie et en Europe, les fondements de notre civilisation politique – la liberté, l’intégrité, le respect de la vérité dans la vie publique, l’Etat de droit et la Constitution. De les défendre avec la même détermination que Helmuth Duckadam a défendu les quatre pénalités de suite », a-t-il dit, faisant référence au gardien de but légendaire de l’équipe roumaine.

 

« 2019 sera une année déterminante pour la Roumanie. La présidence roumaine devra guider le Conseil de l’UE en un moment où les Européens réclament une Europe plus efficace », a rappelé le président du Parlement européen, Antonio Tajani. Tant lui que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont réitéré leur conviction que la Roumanie doit faire partie de l’espace Schengen. Le chef de l’Etat roumain, Klaus Iohannis, a affirmé que, par la présidence du Conseil de l’UE, la Roumanie reprend un rôle de premier ordre au niveau européen, avec pour objectif principal de contribuer à consolider une Europe plus puissante :

 

« En tant que partie intégrante de cette communauté européenne, il incombe maintenant à la Roumanie de faire avancer notre agenda commun. Plus d’unité et de cohésion, telle est la voie que nous proposons pour les six prochains mois et que nous devrons tous suivre avec esprit de suite. »

 

A son tour, a cheffe du cabinet de Bucarest, Viorica Dăncilă, a promis :

 

« Nous prouverons que la Roumanie a pleinement gagné son rôle et sa position d’Etat membre à part entière de l’UE. Nous prouverons que la Roumanie mérite le respect de la communauté européenne et le statut de partenaire égal dans la grande construction européenne. »

 

Cependant, tout n’a pas été festif jeudi soir à Bucarest. Les accords classiques et les applaudissements à l’Athénée ont été doublés, dans la rue, sous la neige qui tombait sur la ville, par une protestation à l’initiative de plusieurs organisations civiques, sous la devise « Nous voulons l’Europe, pas la dictature ». Quelques centaines de personnes y ont pris part. « Nous sommes Européens, nous pensons comme les Européens, nous sommes guidés par les valeurs européennes, mais nos leaders sont encore corrompus, et les valeurs que nous apprécions ne sont rien pour eux », a affirmé l’un des protestataires. Les analystes et la presse – tant étrangère que roumaine – prévoient, d’ailleurs, que l’exercice par la Roumanie de la présidence tournante du Conseil de l’UE « ne gèlera pas la vie politique interne ». Surtout en une année aux enjeux électoraux majeurs – les élections européennes du printemps prochain et la présidentielle prévue en fin d’année.   

                                                                               Trad.: Ligia


www.rri.ro
Publicat: 2019-01-11 14:11:00
Vizualizari: 189
TiparesteTipareste