Nouvelles manifestations contre les modifications des lois de la justice

nouvelles manifestations contre les modifications des lois de la justice Des milliers de personnes ont protesté dimanche soir contre le décret portant modification aux lois de la Justice lors des rassemblements déroulés dans les grandes villes de Roumanie

Des milliers de personnes ont gagné à nouveau les rues de Bucarest et de plusieurs grandes villes de Roumanie pour exprimer leur opposition face aux changements apportés aux lois de la Justice par l'ordonnance gouvernementale. La rue demande l'annulation de l'acte normatif, critiqué pour porter atteinte à l'indépendance des magistrats et pour bloquer l'activité des parquets. 


Initié par le ministre de la Justice, Tudorel Toader, et adopté la semaine dernière par le gouvernement, le décret modifie, entre autres, les règles de nomination de différentes catégories de juges et réduit les pouvoirs des procureurs. Le processus de nomination des procureurs en chef change aussi, alors que la nouvellement créée Section d'enquête des magistrats perd son indépendance en faveur du ministère de la Justice. D'autant plus que selon plusieurs voix, cette section avait été fondée pour intimider les magistrats. Voici les plus récentes modifications que les sociaux-démocrates, en coalition au pouvoir avec l'Alliance des libéraux et des démocrates, ont lancé ces deux dernières années et qui ont provoqué à chaque fois d'amples protestations de rue. « Nous sommes venus défendre ce qui reste de l'Etat de droit », ont affirmé les protestataires ce dimanche. Ils ont scandé des slogans anticorruption et demandé la démission de l'exécutif. 


Vendredi, des centaines de magistrats avaient protesté dans plusieurs grandes villes. Qui plus est, plusieurs tribunaux à travers le pays ont décidé de suspendre leur activité pour dénoncer l'adoption de l'ordonnance. A leur tour, la Commission européenne, le Département d'Etat des Etats-Unis et des milliers de magistrats roumains estiment que le décret met en danger l'indépendance de la justice et de l'Etat de droit en Roumanie. « Ces modifications abruptes aux lois de la justice, opérées par décret d'urgence et sans consulter le Conseil Supérieur de la Magistrature, ni les magistrats, ont un impact majeur sur la capacité de l'ensemble des procureurs de remplir leurs tâches constitutionnelles », lit-on dans un communiqué des procureurs de Bucarest.


Pour sa part, le Parti social-démocrate (PSD), qui a démarré une révision controversée du système judiciaire depuis son arrivée au pouvoir fin 2016, affirme que son objectif est tout simplement de « corriger les abus des juges » et de soutenir une justice équitable.  


De l'autre côté de la barricade, les critiques affirment que cette réforme bénéficie en premier lieu au chef du PSD, Liviu Dragnea, déjà condamné pour fraude électorale. Par ailleurs, pendant le mandat de Laura Codruța Kövesi, à la tête de la Direction nationale anticorruption, révoquée de ses fonctions l'été dernier, de nombreux responsables de haut niveau, dont des ministres et des parlementaires, ont été condamnés pour corruption. Des démarches appréciées par l'Union européenne. Pourtant, ces derniers temps, Bruxelles, qui suit de près l'évolution de la justice roumaine, a demandé maintes fois au gouvernement de Bucarest d'agir en accord avec les recommandations de la Commission Européenne et dans le respect de l'Etat de droit. (Trad. Elena Diaconu et Valentina Beleavschi)



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Publicat: 2019-02-25 13:09:00
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