Bucarest à vélo

bucarest à vélo              Seuls 5,3% des Roumains se rendent au travail où à l'école à vélo

Seuls 5,3% des Roumains se rendent au travail où à l'école à vélo, constate une étude de l'Agence pour le développement régional de la Région sud-est et de l'Organisation pour la promotion du transport alternatif en Roumanie (OPTAR). La voiture reste, donc, le moyen de transport préféré des Roumains interviewés, alors que le transport public arrive en 2e position, étant utilisé par 32% des Roumains. 

Pourquoi le vélo n'est pas populaire en Roumanie ? Pour plusieurs raisons : l'absence de pistes cyclables (une raison invoquée par 77,4% des personnes interrogées), les obstacles se trouvant sur les quelques pistes aménagées (51%), l'état précaire des pistes (49%), les voitures garées sur les pistes cyclables (49%), ou encore la difficulté de traverser les carrefours (45%). Ce qui fait que le vélo est considéré plutôt comme un loisir et moins comme un moyen de transport quotidien.

Marian Ivan, président  de l'Organisation pour la promotion du transport alternatif en Roumanie, explique :  « Pour ce qui est de l'utilisation du vélo, notre pays se porte très mal. Mais nous avons une très belle perspective devant nous, car les études que nous avons menées ont montré qu'il existe un grand nombre de possesseurs de bicyclettes. Ils ne les utilisent pourtant pas à cause de l'absence d'une infrastructure qui leur offre de la sécurité avant toute chose. Plus de 80% des gens ont mentionné la sécurité au moment où ils ont expliqué pourquoi ils n'utilisent pas leur vélo. Même ceux qui s'en servent souvent affirment qu'il existe de gros problèmes d'infrastructure. »


Donnons donc la parole à ces gens. Andrei est un jeune homme de 24 ans qui se déplace le plus souvent en voiture et occasionnellement à vélo : « On circule très difficilement à vélo à Bucarest, car il n'y a pas de pistes cyclables. Il faut se déplacer sur le trottoir et sur le carrossable et les dangers guettent à tout pas. Nous roulons côte à côte avec les voitures. La plupart des fois, je préférerais prendre mon vélo au lieu de mettre 2heures en voiture pour arriver chez moi, mais il n'y a pas de conditions pour pédaler. Les voitures sont garées partout, si bien qu'il n'y a plus de place même pour les piétons. »


En revanche, Marian monte tous les jours sur sa bicyclette, bien qu'il ait aussi des exaspérations:  « Il existe des pistes cyclables à Bucarest, mais il faudrait bien en construire davantage. Puis, lorsque l'on fait des réparations dans les rues, on fait des bordures surélevées, qui nous obligent à descendre du vélo pour les contourner avant de continuer notre chemin. Je roule aussi dans le trafic, mais je dois m'assurer. La bicyclette doit être équipée d'un rétroviseur et il faut absolument porter un casque de protection et un gilet réfléchissant. Il faut bien s'équiper pour éviter les dangers. A mon avis, il faudrait garer les voitures à la périphérie et circuler en ville à vélo ou à trottinette... pour avoir une ville plus saine, moins polluée, moins bondée... » 


Voilà, donc, circuler à vélo à Bucarest peut s'avérer un véritable défi. Les cyclistes circulent parmi les piétons ou les voitures et doivent éviter les bordures trop hautes. D'ailleurs, ceux qui osent s'aventurer dans le trafic urbain sont peu nombreux, car cela nécessite beaucoup d'expérience et de courage. Dans la capitale, rien qu'en 2018 on a enregistré 44 accidents graves de la route impliquant des cyclistes.


Pour éveiller les consciences sur les difficultés des cyclistes, des marches sont organisées de temps en temps. Et bien que les services de location de vélos se soient multipliés ces dernières années, les problèmes sont loin d'être résolus. Selon les spécialistes de la mobilité urbaine, ce n'est pas à cause d'un nombre insuffisant de bicyclettes qu'il est difficile d'encourager le transport alternatif à Bucarest, mais c'est parce qu'il n'y a pas de réseau de pistes cyclables. En fait, il n'y a que 6 km de pistes homologuées. Marian Ivan insiste : « Il faut avant tout créer un réseau de pistes cyclables capable d'accueillir un nombre de personnes aussi grand que possible. Puis, il faut le développer. Sans pistes cyclables, il est impossible de faire le passage du transport motorisé au transport sur deux roues. » 


A l'heure où l'on parle, les membres de l'Organisation pour la promotion du transport alternatif en Roumanie et ceux de l'Agence pour le développement régional de la Région Sud-est planchent sur la première stratégie nationale censée encourager l'utilisation des vélos afin de transformer Bucarest en une ville plus accueillante pour ce moyen de transport, affirme Marian Ivan : « Nous nous concentrons sur cette stratégie qui est très utile. Les responsables qui comprennent qu'il faut opérer un changement côté transport urbain peuvent s'en servir pour décongestionner les villes. Les résultats au scrutin européen de mai dernier nous rendent optimistes et nous redonnent de l'espoir que tout ce que nous sommes en train de préparer sera utilisé par les futures administrations qui s'impliqueront pour trouver une solution à ces problèmes. Notre document pourrait arriver sur la table du Parlement ou du ministère du Développement, car les deux ont fait preuve d'ouverture aux informations que nous pouvons leur offrir. D'ailleurs, c'est ça le but du projet : offrir des stratégies alternatives à celles des administrations centrales. Nous allons rencontrer les gens, il y aura des débats à chaque étape du projet, qui aboutiront à 3 scénarios, dont un seul sera choisi. Ce dernier document sera à son tour soumis au débat pour lui donner une forme finale qui soit acceptée par un nombre aussi grand de personnes que possible. Nous espérons arriver à la variante finale de cette stratégie avant la fin de l'année. » 


En attendant, la mairie de Bucarest se propose de construire de nouvelles pistes cyclables au centre-ville. Il s'agit de 4 trajets disposés sur 21 artères, qui couvriront au total 48 km et qui disposeront aussi de 420 parkings publics pour les vélos. (Trad. Valentina Beleavski)



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Publicat: 2019-06-26 13:15:00
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