Infrastructure et sécurité routière

infrastructure et sécurité routière Un récent et grave accident de la route attire l’attention sur les problèmes de sécurité routière auxquels est confrontée la Roumanie.

Un accident terrible est survenu samedi dernier dans le département de Ialomiţa, au sud de la Roumanie : un poids-lourd est entré en collision frontale avec un minibus, faisant dix morts et sept blessés grave. Cette tragédie braque à nouveau les projecteurs sur les problèmes de sécurité routière existant en Roumanie. D'ailleurs, notre pays occupe la première place dans l'Union européenne pour ce qui est du nombre de décès dans des accidents de la route.


L'enquête est en déroulement : selon des témoins, le poids lourd n'aurait pas dépassé la vitesse légale et son chauffeur aurait respecté les temps de conduite et de repos imposés par les normes en vigueur. Une cause possible de l'accident serait la somnolence du conducteur du camion ou la manipulation du téléphone portable. Les premiers effets de cette tragédie se font déjà sentir. Par exemple, à compter de samedi dernier, l'utilisation du téléphone au volant est sanctionnée d'amendes considérables et même de la suspension du permis de conduire. En même temps, des contrôles seront effectués afin de vérifier les tachygraphes qui enregistrent les temps de conduite et de repos des camionneurs. De même, des scanners de la rétine seront utilisés pour identifier le niveau de fatigue des chauffeurs, mais aussi pour avertir si le véhicule quitte la voie de circulation, a fait savoir le ministre roumain des Transports, Razvan Cuc. 


Pour sa part, le vice-président de l'Union nationale des transporteurs routiers de Roumanie, Constantin Isac, affirme qu'il faut mettre en place aussi des mesures de prévention et ne pas se contenter des sanctions imposées aux chauffeurs professionnels. « Les endroits critiques sont les périphériques des villes, dont celui de Bucarest. Et là, je pense à toutes les facilités qui devraient y exister : parkings, toilettes et douches, services de gardiennage surtout. Les conducteurs ou l'infrastructure routière ne sont pas les seuls coupables. La manière dont on fait des contrôles de la circulation compte aussi pour beaucoup. », considère Constantin Isac. A son tour, Costin Tătuc, conseiller en matière de sécurité routière et ancien directeur adjoint de la Police routière, ajoute d'autres éléments à la liste des urgences. « Il faudrait aussi faire des aménagements routiers permettant de séparer les sources de trafic. Il s'agit entre autres des routes destinées aux véhicules lents, qui devraient être parallèles avec les routes nationales. La meilleure solution serait de faire en sorte que les voitures ne traversent plus les localités, en construisant des autoroutes. », affirme Costin Tătuc.


C'est là, sans aucun doute, un des points très faibles de la Roumanie. 30 ans après la chute du communisme et au bout de 12 ans d'appartenance à l'espace communautaire, la Roumanie ne dispose toujours pas d'une autoroute qui traverse les Carpates. Fin 2018, le pays comptait quelque 800 km d'autoroute, dont une centaine héritée de l'époque communiste. Les quelques secteurs d'autoroute construits jusqu'ici sont connectés à la frontière hongroise et nous relient plutôt à l'étranger, sans permettre aux habitants du centre du pays de se rendre plus rapidement à Bucarest, la capitale, ou de gagner plus vite la côte de la mer Noire, par exemple. Malheureusement, les choses bougent très lentement, voire pas du tout. Et pour cause. A l'indolence des responsables qui ont détenu le pouvoir au fil des années, s'ajoute une bureaucratie trop compliquée et le choix de constructeurs, y compris étrangers, dont le principal objectif a été de remplir leurs propres poches. (Trad. Valentina Beleavski)


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Publicat: 2019-10-08 13:13:00
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