La semaine des négociations décisives

la semaine des négociations décisives Le premier ministre désigné de Roumanie, le libéral Ludovic Orban, poursuit la série de négociations en vue de la création d’un nouveau gouvernement, au lieu de l’exécutif social-démocrate destitué par motion de censure.

A Bucarest, il est plus facile de renverser un gouvernement que d'en installer un, c'est la conclusion des évènements qui ont eu lieu sur la scène politique roumaine ces deux dernières semaines. Ce 10 octobre, le législatif bicaméral a adopté une motion de censure déposée par l'opposition libérale contre le cabinet de la sociale-démocrate Viorica Dancila. Sous le titre, « Afin de reconstruire la Roumanie, le gouvernement Dancila doit être destitué d'urgence ! » la motion a été votée par 238 sénateurs et députés. Elle portait déjà la signature d'élus nationaux de toute couleur politique : du Parti national libéral, de l'Union Sauvez la Roumanie, du Parti du mouvement populaire, de l'Union démocrate magyare de Roumanie, de Pro Romania et de l'Alliance des libéraux et des démocrates. S'y sont ajouté les représentants des minorités nationales, un indépendant et même certains élus nationaux du PSD.  233 voix favorables étaient nécessaires pour que la motion soit adoptée et le gouvernement destitué. 


De l'avis des signataires de la motion, l'équipe gouvernementale sociale-démocrate a été le gouvernement le plus nocif des 30 dernières années. Les initiateurs de la motion promettaient d'adopter un programme de gouvernance responsable ciblé sur le développement et la modernisation du pays et censé apporter une véritable prospérité pour chaque roumain. A l'heure actuelle, les libéraux affirment avoir élaboré une stratégie visant à mobiliser les élus nationaux qui avaient voté la motion à soutenir le prochain cabinet. 


Le leader du PNL Ludovic Orban, le premier ministre désigné par le président roumain Klaus Iohannis, a eu des consultations avec les formations politiques représentées au parlement qui ont soutenu la motion de censure, en vue de s'assurer le nombre de voix nécessaires à l'investiture, 233 sur un total de 465. Ce dimanche, Ludovic Orban a affirmé avoir inclus dans le programme de gouvernance des mesures exigées par les partis susceptibles de soutenir l'exécutif libéral. Pourtant, il s'agit parfois de sollicitations génératrices de confusions et de contradictions. L'USR et le PMP demandent un retour aux élections municipales à deux tours de scrutin, une proposition rejetée par l'Union démocrate magyare de Roumanie qui tente ainsi de conserver sa suprématie politique dans de nombreuses localités transylvaines. 


La majorité des forces politiques d'opposition demandent la suppression de la section spéciale du Parquet général en charge d'enquêter des infractions réelles ou hypothétiques, commises par les magistrats. C'est une idée qui ne tient pas au cœur de l'Alliance des libéraux et des démocrates, ancien partenaire du PSD et membre de plusieurs gouvernements qui ont constamment essayé de subordonner politiquement les magistrats et de limiter la lutte contre la corruption. Ce qui plus est, selon la première ministre roumaine, Viorica Dancila, les sociaux-démocrates voteront contre l'installation du cabinet Orban. 


L'actuel gouvernement Dancila pourrait se transformer en cabinet par intérim et gouverner jusqu'aux élections présidentielles du mois prochain. Le futur président pourrait désigner un nouveau premier ministre et le charger de constituer une majorité au Parlement. Des élections législatives anticipées sont également possibles si les parlementaires n'accordent leur vote de confiance à l'investiture du gouvernement dans un délai de 60 jours depuis la première demande et rejettent deux demandes d'investiture successives. 


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Publicat: 2019-10-21 13:11:00
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