Pandémie, information et désinformation

pandémie, information et désinformation  Sur toile de fond d'assouplissement des restrictions et de vide juridique pour ce qui est de la quarantaine et du confinement, la Roumanie se confronte à une progression inquiétante des nouveaux cas d’infection au coronavirus.

Après un allègement progressif des restrictions imposées pour limiter la propagation du coronavirus, la Roumanie se confronte depuis quelques semaines déjà à une hausse inquiétante du nombre d'infections. Par conséquent, un après l'autre, les hôpitaux qui reçoivent des malades de Covid-19 se remplissent et disposent de moins en moins de places dans les sections de soins intensifs. Une récente décision de la Cour Constitutionnelle a invalidé la législation qui imposait la quarantaine et le confinement au cours de l'état d'urgence et d'alerte, ce qui a été de nature à encourager de nombreux malades à quitter les hôpitaux. Le risque d'une transmission du virus s'en trouve accru. 

 

La nouvelle législation proposée par le gouvernement libéral attend toujours l'aval d'un Parlement dominé par l'opposition sociale-démocrate. Entre temps, une grande partie de la population ne respecte plus les gestes barrière, alors que les autorités n'effectuent plus autant de contrôles et n'appliquent plus autant d'amendes qu'il y a quelques mois. Dans ce contexte, selon le médecin épidémiologiste Adrian Marinescu de l'Institut « Matei Bals » de Bucarest, il faut mieux informer la population pour que les gens puissent comprendre l'importance cruciale de l'hospitalisation et du confinement : « Je crois que le plus souvent, la communication est importante et notamment pour ce qui est de la manière de transmettre des informations et de leur source. Il s'agit d'une maladie infectieuse et contagieuse, cela est clair. Parce qu'elle se transmet très facilement, il faut respecter des règles précises. Lorsqu'une personne est testée positive, même si elle est asymptomatique, elle peut transmettre le virus dans la famille ou sur le lieu de travail. Donc la notion d'isolement devrait exister. Si cet isolement se fait dans un hôpital, pour que la situation de l'infecté puisse être suivie ou si elle se poursuit à domicile, ce sont des choses adaptables à chaque situation à part, mais cette notion d'isolement devrait exister toujours, sinon un effet domino pourrait se produire et nous le voyons se produire déjà. » 

 

Une situation particulière est apparue à Galati, dans le sud-est du pays. L'hôpital des urgences a décidé de limiter le nombre des personnes hospitalisées suite à la découverte d'un foyer de coronavirus. Une bonne cinquantaine de personnes membres du personnel de l'hôpital ont été dépistées positives au coronavirus. Dans les sections où celles-ci travaillaient, les malades à résultats négatifs au Covid-19 et dont l'état de santé a été jugé bon ont dû quitter l'hôpital, alors que les autres ont été transférés vers d'autres sections. Les malades infectés qui avaient besoin de soins ont été transférés vers des hôpitaux d'appui pour que les espaces contaminés soient désinfectés. A présent, quelque 400 malades sont toujours hospitalisés, alors que la capacité totale de l'établissement est de 1200 lits, affirme le porte-parole de l'hôpital à la Radio publique roumaine. 

 

Mardi, une commission d'enquête a commencé des investigations sur les marchés publics passés et la gestion de l'état d'urgence par le gouvernement. Elle a demandé entre autres des détails sur la création du Groupe de communication stratégique, celui qui rend publiques les statistiques relatives à l'évolution de la pandémie en Roumanie. Cette commission se propose également de collecter les témoignages des citoyens rentrés en Roumanie durant l'état d'urgence et de ceux qui ont été placés en quarantaine ou bien qui ont été hospitalisés. 
 


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Publicat: 2020-07-08 12:37:00
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