Le Parlement rejet une deuxième proposition de gouvernement.
Pour la première fois, le président peut dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées.
Alex Diaconescu, 30.09.2026, 16:07
Le gouvernement du premier ministre désigné Siegfried Muresan a failli obtenir le vote d’investiture des deux Chambres du Parlement de Bucarest.
Le gouvernement Muresan a obtenu le vote de 182 sénateurs et députés alors que 15 élus nationaux ont voté contre. Le reste de sénateurs et députés soit se sont absentés soit ont choisi de ne pas voter. Pour être validé, le gouvernement aurait dû réunir 233 voix sur 464. Le cabinet aurait du réunir 16 ministres proposés par le Parti national libéral, l’Union sauvez la Roumanie, l’Union démocrate magyare de Roumanie et un indépendant. Les élus nationaux de l’Alliance pour l’unité des roumains n’ont pas été présents dans l’hémicycle, alors que ceux du Parti social démocrate y ont été présents mais n’ont pas voté. Auparavant le PSD et l’AUR avaient annoncé ne pas soutenir ce gouvernement. Siegfried Muresan a dû mener des négociations uniquement avec les représentants des minorités nationales, avec les sénateurs et les députés non-affiliés et avec les groupes parlementaires de petites dimensions.
Premières réactions
« Les partis qui ont déclenché la crise politique ont voté aujourd’hui pour que celle-ci se prolonge », a déclaré Siegfried Mureșan, au Parlement après le vote. « Nous sommes prêts à nous assumer le redressement de la Roumanie », a écrit le leader du PSD Sorin Grindeanu, sur Facebook, peu après l’annonce du résultat du vote Parlement sur le Gouvernement Muresan. Il a ajouté que : « La Roumanie a besoin d’urgence d’un gouvernement de plein exercice afin de changer cette direction erronée ».
Désormais, le président Nicusor Dan peut dissoudre le Parlement et déclencher des élections législatives anticipéées. Le fera-t-il?
Avec le rejet du Cabinet Siegfried Muresan, c’est pour la première fois dans l’histoire de la Roumanie que se réalise la condition prévue par la Constitution pour le déclenchement des élections anticipées. En effet, c’est la deuxième proposition de gouvernement que le Parlement rejet, après celle du cabinet créé autour du dissident libéral Adrian Vestea en juin. Désormais, le président Nicusor Dan peut soit dissoudre le Parlement et déclencher des élections anticipées, soit désigner un nouveau candidat aux fonctions de premier ministre. Le chef de l’Etat a pourtant appelé les partis politiques à dépasser les disputes et à regarder vers l’intérêt national. Il a précisé que les élections anticipées n’étaient pas une solution, mais au contraire elles ne feraient que continuer l’instabilité et la méfiance tant des citoyens que des marchés financiers.