La semaine du 13 au 18 octobre 2026
Luca Niculescu dévoile une équipe gouvernementale atypique / Les priorités de Nicușor Dan à Bruxelles et les priorités de Bucarest face aux ambassadeurs européens / Le FMI revoit ses prévisions à la baisse pour la Roumanie
Corina Cristea, 18.10.2026, 10:12
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La formation du nouveau gouvernement roumain est entrée dans sa dernière ligne droite jeudi, avec la présentation par le Premier ministre désigné, Luca Niculescu, de son programme et de la composition de son équipe. Une configuration inhabituelle dans le paysage politique roumain, mais dictée par les circonstances actuelles, selon ce diplomate et ancien journaliste : 17 ministres, dont un vice-Premier ministre, parmi lesquels 11 issus du Parti social démocrate (PSD) et six spécialistes sans affiliation politique. Certains se voient confier des portefeuilles stratégiques, à commencer par les Finances et les Affaires étrangères. Cette équipe devrait bénéficier du soutien parlementaire du PSD, du Parti national libéral (PNL), de l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) et des représentants des minorités nationales. Les auditions des ministres devant les commissions spécialisées, suivies du vote d’investiture en séance plénière, sont prévues au début de la semaine prochaine. « Après des mois de crise politique, nous avons besoin d’un gouvernement capable de prendre rapidement des décisions et de répondre à des problèmes économiques et sociaux qui ne peuvent plus être reportés », a déclaré Luca Niculescu. Parmi les priorités immédiates du futur exécutif figure la rectification budgétaire, destinée à prévenir toute rupture dans le fonctionnement des hôpitaux, l’approvisionnement en médicaments ou les versements aux municipalités et aux entreprises. Le gouvernement entend également faire adopter le budget pour 2027 avant la fin de l’année, protéger les personnes vulnérables face aux factures hivernales, relancer l’économie et soutenir les entreprises roumaines. L’amélioration du recouvrement des recettes budgétaires figure aussi au programme, a précisé le Premier ministre désigné. Sur le front extérieur, l’exécutif entend mener à son terme le processus d’adhésion de la Roumanie à l’OCDE et défendre plus efficacement les intérêts du pays. Les premiers signaux des marchés financiers se sont révélés favorables à l’annonce de cette nouvelle étape politique : le coût des emprunts de l’État roumain a nettement diminué, la Bourse a progressé de près de 2 % et le leu s’est apprécié face à l’euro.
Les priorités de Nicușor Dan à Bruxelles
En déplacement jeudi et vendredi à Bruxelles, à l’occasion du Conseil européen, le président roumain Nicușor Dan a plaidé pour un budget ambitieux de l’Union européenne pour la période 2028-2034. Selon l’administration présidentielle de Bucarest, la Roumanie souhaite préserver les financements de la politique de cohésion et de la politique agricole commune, deux leviers essentiels pour réduire les disparités de développement entre États membres, moderniser l’agriculture, soutenir les communautés rurales et consolider la sécurité alimentaire. Bucarest défend également un renforcement des capacités de défense européennes, notamment sur le flanc oriental et dans la région stratégique de la mer Noire, ainsi que des investissements destinés à restaurer la compétitivité européenne et à réduire les dépendances stratégiques dans les secteurs de l’énergie et des technologies de pointe. En amont du sommet, Nicușor Dan a co-présidé avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni le groupe des « Amis de la cohésion », qui rassemble 17 États membres opposés à une réduction des fonds consacrés à la cohésion et à l’agriculture dans le prochain cadre financier pluriannuel. À Bruxelles, le chef de l’État roumain s’est également entretenu avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, au sujet de la sécurité en mer Noire, après des attaques visant des navires commerciaux, attribuées à la Russie. À l’issue de cette rencontre, à laquelle a participé le Premier ministre bulgare Rumen Radev, l’OTAN convoquera une réunion du Conseil de l’Atlantique Nord afin de mener des consultations sur la sécurité dans la région. Selon des sources proches des discussions au sein de l’Alliance, l’organisation s’attend à une aggravation des tensions sous l’effet de nouvelles provocations russes. Mark Rutte a, pour sa part, assuré que les alliés adapteraient leur posture de dissuasion en mer Noire.
Les priorités de Bucarest face aux ambassadeurs européens
La situation économique de la Roumanie, sa sécurité énergétique et les menaces pesant sur la région de la mer Noire figuraient au cœur des discussions entre le Premier ministre par intérim, Ilie Bolojan, et les ambassadeurs des États membres de l’Union européenne, réunis mercredi. « L’adhésion de la Roumanie à l’UE est l’une des plus grandes réalisations de ces 35 dernières années. Appartenir à la famille européenne constitue un atout majeur pour notre pays, et je suis convaincu que cette orientation sera maintenue », a déclaré le chef du gouvernement par intérim. Il a également détaillé les mesures engagées pour assainir les finances publiques et remédier aux fragilités structurelles de l’économie, avec pour objectifs de consolider la croissance et de restaurer la confiance des acteurs économiques. Dans un contexte international marqué par de multiples incertitudes, Ilie Bolojan a plaidé pour la poursuite des réformes et souligné la nécessité de garantir la sécurité des approvisionnements énergétiques, tout en préservant des prix accessibles à la population. Les échanges ont également porté sur les risques sécuritaires en mer Noire, notamment les menaces liées aux opérations hybrides et aux campagnes de désinformation. Enfin, le Premier ministre par intérim a remercié les ambassadeurs européens et le représentant de la Commission européenne pour leur coopération et leur soutien au gouvernement roumain. Il a également salué la présence des forces militaires alliées sur le territoire national, qu’il a présentée comme une contribution essentielle à la défense du flanc oriental de l’OTAN et à la sécurité de la région de la mer Noire.
Le FMI revoit ses prévisions à la baisse pour la Roumanie
Le FMI a revu à la baisse ses estimations concernant l’évolution de l’économie roumaine cette année, tablant désormais sur une contraction de 0,5 %, contre une croissance de 0,7 % prévue en avril, comme l’indique le dernier rapport « Perspectives économiques mondiales », publié cette semaine par l’institution financière internationale. Par ailleurs, le FMI a également légèrement revu à la baisse ses prévisions concernant l’évolution du PIB de la Roumanie en 2027, pour s’établir à une croissance de 2,2 %. Le FMI se montre également plus pessimiste quant aux progrès de la Roumanie dans la réduction de son déficit courant, qui, selon les dernières estimations, ne devrait reculer que jusqu’à 7 % du PIB cette année. À Bucarest, l’INS a par ailleurs indiqué que le déficit commercial avait augmenté, au cours des huit premiers mois de l’année, de 1,4 % par rapport à la même période de l’année dernière.