Discussions sur la sécurité en mer Noire
La sécurité en mer Noire au cœur des discussions du Conseil de l'Atlantique Nord et d'un débat au Parlement européen.
Ştefan Stoica, 21.10.2026, 10:34
En l’espace de dix jours, six attaques de drones, très probablement d’origine russe, ont été signalées contre des navires civils au large des côtes bulgares et roumaines. Alertés, les deux États ont demandé la tenue d’une réunion du Conseil de l’Atlantique Nord sur la question de la sécurité en mer Noire. Les ambassadeurs des États alliés ont décidé mardi, à Bruxelles, d’envoyer des ressources supplémentaires en Roumanie et en Bulgarie afin de faire face aux attaques russes contre les navires commerciaux en mer Noire, notamment un soutien en matière de surveillance, de reconnaissance et de criminalistique.
Renforcement de la position de l’OTAN
La porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a précisé que l’OTAN avait déjà renforcé sa position le long du flanc est, notamment grâce à des infrastructures de défense contre les drones. Elle a également souligné que les alliés continueraient à faire front commun et à veiller à être prêts à faire face à toute menace. La Roumanie et la Bulgarie ont présenté aux alliés une liste des équipements militaires dont elles ont besoin pour prévenir ce type d’attaques, à l’instar de l’aide accordée par les alliés l’année dernière. Lors de l’appel lancé précédemment, les États-Unis, la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Slovaquie avaient répondu présents, fournissant des équipements pour une solution provisoire. La France a d’ores et déjà proposé son aide, et d’autres États devraient prochainement indiquer quels équipements ils enverront.
Même son de cloche au Parlement européen
La situation sécuritaire en mer Noire a également fait l’objet, mardi, d’un débat au Parlement européen. La haute représentante pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a défendu l’idée que l’Union européenne déploie une mission navale en mer Noire, destinée à protéger les navires transportant des céréales contre les drones russes. La chef de la diplomatie européenne a qualifié les récents incidents survenus dans la région, notamment dans les eaux territoriales de la Roumanie et de la Bulgarie, d’escalade dangereuse et inacceptable. La Russie pourrait provoquer une crise alimentaire mondiale par ses attaques en mer Noire, a déclaré Kaja Kallas devant l’assemblée plénière du Parlement européen. Elle estime que la plateforme dédiée à la mer Noire, qui doit être créée prochainement par la Roumanie et la Bulgarie avec le soutien de l’Union européenne, renforcera la composante « renseignement ». Selon cette haute responsable européenne, l’Union doit améliorer son système de prise de décision face à de tels incidents, d’où la proposition d’un protocole d’urgence, qui prévoit des consultations politiques immédiates et une meilleure coordination en cas de crise hybride majeure, y compris avec l’OTAN. Le député européen du Parti social-démocrate, Victor Negrescu, a souligné que l’UE ne pouvait pas attendre le prochain incident grave pour agir. Il a précisé que, dans la résolution du Parlement européen qui sera adoptée jeudi sur ce sujet, la Roumanie demande le financement et la mise en service urgente du pôle européen de sécurité maritime en mer Noire, avec un rôle central pour Constanța, un calendrier précis et de réelles capacités de surveillance et d’intervention.