Ilie Bolojan, bilan de 16 mois de mandat
Après presque de 16 mois à la tête du gouvernement roumain, le libéral Ilie Bolojan dresse le bilan de son mandat, estimant avoir aidé la Roumanie à sortir d'une situation critique. Toutefois, les défis à relever par le futur Exécutif seront tout aussi sérieux.
Corina Cristea, 20.10.2026, 12:50
Un bilan présenté à la veille de l’investiture du nouveau gouvernemet
A la veille du vote d’investiture du nouveau gouvernement proposé par le premier ministre désigné, Luca Niculescu, devant le Parlement de Bucarest, le premier ministre par intérim, Ilie Bolojan, destitué de ses fonctions le 5 mai dernier à la suite d’une motion de censure, a présenté le bilan de son mandat à la tête de l’exécutif roumain.
A l’issue de près de 16 mois de gouvernance, une période marquée par de nombreuses crises internes et externes ainsi que par d’importants défis, comme il l’a lui-même souligné, Ilie Bolojan affirme avoir pris en charge un pays en grande difficulté. Il estime toutefois transmettre au futur exécutif une Roumanie engagée sur la voie du redressement, forte de l’expérience d’une gouvernance « sans mensonge, sans populisme et avec respect envers les citoyens ».
Une situation économique et politique jugée critique à son arrivée
Selon lui, en juin de l’année dernière, la situation était si grave que personne ne souhaitait assumer la fonction de premier ministre. Il a notamment pointé du doigt un déficit budgétaire de 9,3 %, une croissance économique en ralentissement, fondée principalement sur la consommation et l’endettement, un Plan national de relance et de résilience bloqué ainsi qu’un risque imminent de perte des fonds européens. A cela s’ajoutaient une société profondément divisée après l’annulation des élections de 2024 et un risque réel d’incapacité de paiement pour l’Etat roumain.
« Il n’y avait pas vraiment de choix, mais une seule option : commencer le redressement économique, à des coûts inévitables», a-t-il déclaré. Ilie Bolojan a admis avoir été contraint de débuter son mandat par une hausse de la TVA afin de permettre à l’Etat de mobiliser rapidement des ressources budgétaires.
Des résultats obtenus au prix d’efforts importants
Le premier ministre par intérim a remercié les Roumains pour les efforts consentis au cours de ces derniers mois, soulignant que ceux-ci commençaient à porter leurs fruits. Et pour cause : le déficit budgétaire a été réduit, tant l’année dernière que cette année, et la Roumanie a évité une dégradation de sa note par les agences de notation. Il a également mis en avant l’augmentation des investissements ainsi que l’adoption de la réforme des régimes spéciaux de retraite des magistrats, une mesure que les gouvernements précédents n’avaient pas réussi à concrétiser.
Dans le même temps, Ilie Bolojan a reconnu que la consommation avait diminué et que la croissance économique avait ralenti durant son mandat. Selon lui, ces deux phénomènes étaient néanmoins artificiellement alimentés par l’endettement et constituaient donc des évolutions économiques malsaines.
De lourds dossiers hérités par le futur exécutif
A ses yeux, le futur gouvernement devra relever plusieurs défis majeurs, notamment celui des arriérés de paiement. Il a évoqué une somme de plus de 5 milliards de lei, soit près d’un milliard d’euros, que l’Etat doit verser aux magistrats ayant obtenu gain de cause devant les tribunaux concernant des droits salariaux. S’y ajoutent des montants dus dans le cadre des mécanismes de compensation du secteur de l’énergie.
Concernant le système de santé, Ilie Bolojan a affirmé que le prochain Exécutif devra veiller à ce que les problèmes salariaux et la gestion déficitaire des hôpitaux ne se traduisent pas par une augmentation des coûts des services médicaux pour les patients.
Autre priorité pour l’avenir, selon lui : une meilleure gestion des entreprises publiques. Ici, il a nommé la nécessité de revoir les indicateurs de performance et de conclure de nouveaux contrats de management afin que des sociétés telles que la Compagnie nationale des chemins de fer CFR ou Metrorex, l’opérateur du métro de Bucarest, soient administrées davantage dans l’intérêt des citoyens.
Enfin, Ilie Bolojan a insisté sur la nécessité d’une meilleure gestion des investissements publics par le futur gouvernement, qui devra définir clairement les projets prioritaires devant être réalisés en urgence.