La Roumanie, le déficit le plus élevé de l’UE en 2025
Soumise à la procédure de déficit excessif depuis 2020, la Roumanie a rapporté l'année dernière le déficit le plus élevé de l'Union européenne, se chiffrant à 7,8 % du PIB, selon Eurostat.
Daniela Budu, 22.10.2026, 13:24
En Roumanie, le déficit public a diminué à 7,8 % du PIB l’année dernière contre les 9,2 % l’année précédente. Pourtant ce taux reste supérieur au niveau de 6,6 % enregistré en 2023, selon les données publiées ce mercredi par l’Office européen de la statistique (Eurostat). L’Etat continue d’afficher le déficit le plus élevé de l’Union européenne, tandis que la moyenne de la zone euro se maintient à 3 % et celle de l’UE à 3,1 %. Après la Roumanie, les déficits publics les plus importants ont été enregistrés en Pologne, en Belgique et en France. Selon Eurostat, au total, 11 Etats-membres ont affiché des déficits égaux ou supérieurs à 3 % du PIB. Pourtant quatre Etats ont terminé l’année dernière sur un excédent budgétaire, à savoir Chypre, le Danemark, la Grèce et le Portugal, selon les données d’Eurostat.
Selon les estimations de la Commission européenne, le déficit budgétaire de la Roumanie devrait atteindre environ les 6,2 % du PIB cette année. Pour le ramener sous la barre des 3 % d’ici 2031, un ajustement d’environ 3 % du PIB reste nécessaire. Selon les spécialistes en Roumanie l’augmentation des impôts comme solution pour réduire le déficit budgétaire a atteint ses limites, car tant les entreprises que la population ressentent déjà la pression fiscale et l’économie du pays devrait enregistrer une croissance relativement faible cette année. Parallèlement, les mesures fiscales annoncées par le nouveau gouvernement pourraient contribuer à poursuivre l’ajustement budgétaire sans nouvelles hausses de taxes.
Les analystes soulignent que la réduction du déficit budgétaire devient plus difficile dans le contexte du ralentissement de l’économie et estiment que le principal levier pour accroître les recettes budgétaires devrait être l’augmentation du la collecte de la TVA.
A l’heure où l’on parle après la résolution officielle de la crise gouvernementale, après près de six mois d’impasse politique, le nouveau Premier ministre Luca Niculescu a assuré que l’objectif de déficit fixé par la Roumanie auprès de ses partenaires européens serait maintenu. Il a rappelé que les trois principales agences de notation, Fitch, Moody’s et S&P, avaient maintenu la Roumanie dans la catégorie « recommandée aux investissements », mais avec une perspective négative, malgré un déficit très important. Mentionnons également que selon Moody’s l’installation d’un nouveau gouvernement et l’adoption rapide du budget pour 2027 constituent des évolutions favorables pour le profil de crédit de la Roumanie. Selon l’agence l’approbation du budget d’ici la fin de l’année soutiendrait la poursuite de la consolidation fiscale et la crédibilité des engagements de l’Etat. Dans un commentaire Moody’s a souligné l’importance de la stabilité politique et d’un budget crédible, étant donné les importants besoins de financement de la Roumanie et un accès aux marchés financiers plus restrictif. L’agence maintient ses estimations quant à une réduction du déficit budgétaire de la Roumanie au cours des deux prochaines années. Selon ses prévisions le déficit devrait baisser à 5,8 % cette année et à 5,5 % l’année prochaine.