La Roumanie, sur le point de sortir de la crise politique ?
La crise politique à Bucarest pourrait prendre fin dans les prochains jours
Bogdan Matei, 19.10.2026, 10:47
Les commissions spécialisées du Parlement bicaméral de Bucarest ont entamé ce lundi les auditions des ministres proposés par le Premier ministre désigné, le diplomate et ancien journaliste Luca Niculescu. Les auditions se poursuivront mardi, jour où le vote de confiance est prévu dans l’après-midi. Les deux tiers des portefeuilles seront occupés par des membres du Parti social-démocrate (PSD), dont beaucoup ont déjà occupé des fonctions ministérielles dans des gouvernements précédents. Les autres ministères seront dirigés par des personnalités sans affiliation politique, des spécialistes approuvés par le président roumain Nicușor Dan.
Les partis déterminés à sortir de la crise politique
Pour être validé, le nouveau gouvernement a besoin d’au moins 233 voix favorables, soit la moitié plus un du total des sénateurs et députés. Les pronostics semblent cette fois plutôt favorables. Voteront en faveur du PSD, de l’Union démocrate magyare de Roumanie, les députés des minorités nationales et les groupes parlementaires marginaux, composés de représentants politiques ayant quitté les partis sur les listes desquels ils avaient été élus. Le Parti national libéral (PNL) promet également de voter en faveur de l’investiture du gouvernement de Luca Niculescu, afin de mettre un terme à la crise politique qui dure depuis près de six mois, après quoi le parti passera dans l’opposition. La formation d’extrême droite ultra nationaliste AUR et le parti de droite Union Sauvez la Roumanie ne voteront pas en faveur du gouvernement.
Le secteur de la finance rassuré
Les analystes économiques cités par Radio Roumanie, affirment que les marchés financiers ont montré des signes de soulagement à la perspective de la mise en place d’un nouveau gouvernement doté de pleins pouvoirs, après plus de cinq mois d’incertitudes, provoquées par la destitution par le Parlement du gouvernement du libéral Ilie Bolojan, par une motion de censure, le 5 mai dernier. Le chaos politique a également entraîné une hausse des taux d’intérêt auxquels l’État emprunte. Les experts soulignent que ceux-ci ont atteint 3 % du produit intérieur brut, alors que la croissance économique n’a été que de 0,2 %.
L’austérité reste le mot d’ordre
Les mesures visant à réduire le déficit budgétaire restent une priorité absolue pour les dirigeants. La rectification budgétaire pour les derniers mois de cette année, ainsi que l’élaboration du budget de l’État pour 2027, sont des priorités urgentes. Les investisseurs ont besoin de prévisibilité et observeront si les autorités sont capables de maintenir le cap et d’offrir des garanties quant au respect des engagements budgétaires, soulignent les experts du secteur. Ils pointent également le climat d’incertitude dans lequel l’équipe de Luca Niculescu devra gouverner, celle-ci ne pouvant compter au Parlement que sur le soutien ferme du PSD, les autres partis pouvant, à tout moment, recourir à des motions simples ou de censure. Viennent ensuite les évolutions internationales, qui peuvent également perturber la situation en Roumanie. Les pays partenaires et alliés d’Europe occidentale sont secoués par des tensions sociales ; aux États-Unis, un scrutin législatif va avoir lieu, susceptible de provoquer un séisme politique à Washington et dans le monde entier ; la situation au Moyen-Orient est loin d’être clarifiée ; et en Ukraine voisine, envahie par les troupes russes, la guerre se poursuit. De plus, l’hiver approche, avec tout son cortège de désagréments. Celui-ci qui, selon une boutade désormais célèbre, prend toujours par surprise les dirigeants de Bucarest.