L’économie roumaine navigue toujours dans des eaux troubles
Malgré la baisse du déficit budgétaire, la situation macroéconomique de la Roumanie demeure fragile.
Bogdan Matei, 26.06.2026, 14:03
Valentin Lazea, économiste en chef de la Banque nationale de Roumanie a averti que la Roumanie se confrontait actuellement au taux d’inflation et au déficit budgétaire les plus élevées de l’Union européenne et que la dette publique du pays dépasserait cette année le seuil des 60% du Produit intérieur brut, ce qui pourrait péricliter la note de la Roumanie. Avec un taux d’inflation de 9,7% et 9,7% également de déficit à la fin de l’année dernière, la Roumanie risque de se voir rétrograder au niveau de « déconseillé aux investissements », ce qui impliquerait un arrêt net des financements sur les marchés extérieurs des capitaux et une dégradation brutale du niveau de vie de la population – met en garde l’expert de la banque centrale.
Il est impératif que les partis signent un pacte politico-économique.
Dans une présentation faite à la conférence de l’Association des analystes financiers-bancaires et citée par les médias de Bucarest, il a demandé aux partis politiques d’accepter un pacte politico-économique, qui obligerait tous les futurs gouvernements à ne pas dépasser certaines intervalles des indicateurs macroéconomiques. Il est impérativement nécessaire de fixer des cibles dans lesquels devraient s’encadrer l’inflation, le déficit budgétaire et la croissance économique. Une fois attentes ces cibles, tout gouvernement devrait les respecter quelle que soit sa couleur idéologique – insiste M Lazea. Ce n’est pas du tout difficile si nous renonçons au populisme et si nous commençons à respecter la population en l’éduquant au lieu de lui créer des illusions – conclut pédagogiquement l’économiste en chef de la Banque nationale de Roumanie, durant une époque particulièrement intéressante, lorsque la Roumanie se confronte à l’incertitude politique, sans gouvernement à pleins pouvoirs, suite à la destitution de l’exécutif dirigé par le libéral Ilie Bolojan le 5 mai dernier par motion de censure.
Il y a pourtant quelques bonnes nouvelles économiques
Ministre des Finances, actuellement indépendant, dans l’actuel gouvernement par intérim mais aussi ancien membre du Parti national libéral et ex-expert de la Banque centrale – Alexandru Nazare est celui qui présente les bonnes nouvelles. Il annonce que le déficit budgétaire s’est réduit presqu’à moitié par rapport à 2025, de 3,35% à 1,75% du Produit intérieur brut, à l’issue des cinq premiers mois de l’année. Dans une publication sur Facebook, le ministre affirme que les pourparlers avec les agences internationales de notation avant les nouveaux rapports d’évaluation de la Roumanie auront lieu prochainement et les évolutions de l’actuelle exécution budgétaire témoigneront de la capacité de Bucarest de poursuivre la consolidation fiscale.
La réduction du déficit – « un ballon d’oxygène »
La baisse du déficit budgétaire est un ballon d’oxygène pour le pays, dans la perspective des pourparlers du mois de juillet avec les agences de notations Moody’s et Fitch – affirme aussi le consultant économique Adrian Negrescu. Il ajoute pourtant que les évolutions politiques créent une forte perception d’instabilité sur la situation en Roumanie et que la baisse du déficit budgétaire ne suffit pas. C’est uniquement en réduisant l’évasion et en élargissant la base d’imposition que la Roumanie réussira à sortir de cette situation terrible qui pourrait nous porter durant les années à venir à la faillite, scénario confirmée aussi par la Commission européenne, conclut Adrian Negrescu.