Signature de l’accord de prêt pour le programme SAFE
Un prêt européen de 16,6 milliards d’euros pour accélérer le virage stratégique de la défense roumaine
Leyla Cheamil, 06.05.2026, 11:59
À la veille d’une motion de censure décisive, le gouvernement de Bucarest a validé mardi, par mémorandum, la signature par le ministre des Finances de l’accord de prêt lié au programme SAFE (« Action pour la sécurité de l’Europe »), conclu avec la Commission européenne. D’un montant supérieur à 16,6 milliards d’euros, cette enveloppe place la Roumanie au deuxième rang des bénéficiaires, derrière la Pologne. Ce mécanisme s’inscrit dans une initiative plus large de l’Union européenne, qui met à disposition des États membres une capacité de financement de 150 milliards d’euros sous forme de prêts à conditions avantageuses, destinés à renforcer les capacités de défense dans les domaines jugés prioritaires par le Conseil européen. Bucarest doit désormais finaliser avec Bruxelles un accord de prêt, ainsi qu’un accord opérationnel encadrant la mise en œuvre concrète du programme.
Le premier document précisera notamment la période de disponibilité des fonds et les conditions financières, tandis que le second établira le lien entre les investissements engagés et les décaissements. Selon l’Exécutif, ces démarches s’inscrivent dans le respect strict du cadre législatif relatif à la dette publique. Les fonds seront débloqués de manière échelonnée, sous réserve de l’atteinte d’objectifs précis liés aux acquisitions et aux projets inscrits dans le plan d’investissement national. La période de mobilisation des ressources court jusqu’au 31 décembre 2030. Un préfinancement de 15 %, soit environ 2,5 milliards d’euros, sera versé après l’entrée en vigueur de l’accord, avant d’être progressivement déduit des tranches ultérieures jusqu’à son apurement complet prévu d’ici fin 2028. La gestion financière sera assurée par le ministère des Finances, sous la supervision générale de la Chancellerie du Premier ministre.
Un cadre juridique assoupli
En amont de cette décision, le gouvernement avait adopté, lundi, un projet d’ordonnance d’urgence visant à adapter et compléter le cadre législatif existant afin de faciliter la mise en œuvre rapide d’investissements dans le secteur de la défense. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de reconfiguration des priorités stratégiques, où le renforcement de l’industrie de défense devient un enjeu central. Selon un communiqué officiel, ce nouveau dispositif introduit une plus grande flexibilité dans l’intervention de l’État en cas de situations critiques pour la sécurité nationale. Il vise également à renforcer la protection et la valorisation intégrée des capacités industrielles de défense, tout en accélérant le déploiement de projets jugés essentiels. À la faveur des opportunités offertes par le programme SAFE, Bucarest entend ainsi consolider son positionnement dans l’architecture de sécurité եվropéenne et moderniser en profondeur ses infrastructures de défense.