La semaine du 23 février au 1 mars 2026
Quatre ans de guerre en Ukraine/ De nouvelles réformes en place/ Les syndicats protestent/ De l’argent européen/ Quelques prévisions - c'est l'aperçu des principaux sujets de la semaine
Ştefan Stoica, 01.03.2026, 10:23
Quatre ans de guerre en Ukraine
Le lundi, 23 février, à la veille du quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine, les députés roumains ont observé une minute de silence en hommage aux victimes ukrainiennes. Le lendemain, le Palais du Parlement de Bucarest a été illuminé aux couleurs du drapeau ukrainien. Selon une estimation du Centre d’études stratégiques internationales, le nombre total des pertes militaires combinées (morts, blessés ou disparus) parmi les forces ukrainiennes et russes s’élèverait à 2 millions de personnes, dont deux tiers concerneraient les forces russes. S’y ajoutent des millions d’Ukrainiens obligés de fuir la guerre pour se réfugier dans d’autres pays. La Roumanie continuera à offrir tout le soutien nécessaire à Kiev, a renchéri le chef de l’Etat roumain, Nicusor Dan, à l’issue de sa participation à la réunion de mardi, en visioconférence, de la Coalition des volontaires. „L’Ukraine continue à lutter dignement et courageusement pour nous protéger tous et c’est pourquoi nous lui sommes reconnaissants. Une période de guerre tellement longue rend la résilience du peuple ukrainien encore plus admirable”, a marqué le président Dan sur les réseaux.
De nouvelles réformes en place
Après des mois de débats, la coalition gouvernementale au pouvoir en Roumanie a adopté par décret d’urgence, la réforme de l’administration publique. Ses objectifs: rendre le fonctionnement des mairies plus efficace, décentraliser, réduire la bureaucratie et assurer une meilleure collecte des impôts. Presque 12800 postes de l’administration publique locale seront supprimés et 20.000 postes vacants disparaîtront des organigrammes, a fait savoir le ministre du Développement, Cseke Attila. L’acte normatif prévoit aussi une baisse de 10% des dépenses de personnel dans tous les ministères et les institutions publiques, à l’exception des domaines tels que la Défense, la Culture ou la Santé. Un chapitre important de la nouvelle réforme porte sur une meilleure collecte des taxes et des amendes, après que les autorités dénoncent la perte de plusieurs milliards de lei en raison de l’évasion fiscale. Le gouvernement a approuvé par décret d’urgence également des mesures de soutien à l’économie roumaine qui impliquent des coûts de 5 milliards d’euros. Selon le ministre des Finances, Alexandru Nazare, les mesures sont censées assurer le passage stratégique d’une croissance fondée sur la consommation à une autre, soutenue par les investissements et la production autochtone.
Les syndicats protestent
Les policiers ont protesté mardi contre un article prévu par la nouvelle réforme de l’administration publique, et qui augmente l’âge de leur départ à la retraite. Auparavant, les syndicalistes avaient participé au débat public sur le projet d’ordonnance du ministère du Développement qui stipule que, dans les 30 jours suivant son adoption, les ministères de la Défense et de l’Intérieur doivent modifier la loi et relever l’âge standard de départ à la retraite des policiers et des militaires. Mercredi, ce fut le tour des enseignants de manifester contre les critères d’attribution des bourses scolaires et contre la fusion de plusieurs établissements scolaires. Les professionnels de l’Education menacent de la grève générale pendant la période des examens nationaux. Leur démarche bénéficie du soutien des étudiants. Ceux-ci ont dénoncé les conséquences des politiques de sous-financement de l’Education nationale et ont réclamé la hausse du fond pour les bourses scolaires.
De l’argent européen
La Cour Constitutionnelle de Roumanie a motivé publiquement sa décision de rejetter le dernier recours de la Cour suprême contre la réforme des pensions des magistrats, en ouvrant de cette manière la voie à la promulgation de la loi par le président. Malgré cette adoption tardive, le premier ministre, Ilie Bolojan, reste optimiste quant aux chances que Bruxelles accorde à la Roumanie une partie des sommes conditionnées par la mise en œuvre de cette réforme des pensions des magistrats. D’ailleurs, les paiements prévus par le biais du PNRR ont figuré au coeur des discussions de Bruxelles entre le premier ministre roumain, Ilie Bolojan et la cheffe de l’Exécutif européen, Ursula von der Leyen. La Roumanie pourrait attirer d’ici le 10 août quelques 10 milliards d’euros, à condition d’avancer avec les réformes et les demandes de paiement. Le chef du gouvernement roumain a participé aussi au lancement de la stratégie EastInvest, un mécanisme financier consacré exclusivement aux États membres de l’UE qui bordent la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine. L’outil prévoit une enveloppe de 28 milliards d’euros que les régions orientales de l’UE peuvent attirer pour soutenir leurs économies. La Roumanie, tout comme l’Estonie, la Letonie et la Lituanie, est un très bon exemple d’engagement, grâce aux investissements dans le domaine de la défense et de la mobilité militaire. Les mesures adoptées pour améliorer la sécurité contribuent aussi à accroître la compétitivité, a fait savoir Mme von der Leyen.
Prévisions
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’économie roumaine en 2026, les ramenant à 1,2 %, contre 1,6 % en septembre, selon le rapport « Perspectives économiques régionales » publié par l’institution financière internationale. D’après la BERD, cette croissance en 2026, et la progression de 2,2 % prévue pour 2027, reposent sur un pic estimé de l’absorption des fonds européens du Fonds pour la reprise et la résilience (FRR) et sur une amélioration de la balance commerciale. Dans le contexte des turbulences politiques et des mesures de consolidation fiscale mises en place au deuxième semestre de 2025, le niveau de confiance des compagnies reste diminué.