De l’indépendance à la guerre
La Roumanie réaffirme sa solidarité avec l'Ukraine voisine, envahie par les troupes russes
Bogdan Matei, 25.08.2026, 11:43
En août 1991, après l’échec du putsch contre Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l’Union soviétique et figure de la perestroïka, les républiques soviétiques proclament, les unes après les autres, leur indépendance vis-à-vis de Moscou. Trois décennies plus tard, la Russie de Vladimir Poutine a renoué avec les ambitions territoriales et impériales de l’ancienne puissance soviétique. En 2008, elle envahit la Géorgie. Puis, le 24 février 2022, elle lance son offensive à grande échelle contre l’Ukraine, déclenchant le plus vaste conflit armé qu’ait connu l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Quatre ans plus tard, près d’un cinquième du territoire internationalement reconnu de l’Ukraine reste sous occupation russe. Chaque nuit ou presque, drones et missiles frappent les villes ukrainiennes, faisant parmi leurs victimes des enfants, des femmes et des personnes âgées. Le lundi 24 août, jour anniversaire de l’indépendance ukrainienne, Kiev accueillait une nouvelle réunion de la « coalition des volontaires », qui rassemble plus de trente pays engagés aux côtés de l’Ukraine. Organisée en format hybride, la rencontre réunissait certains dirigeants dans la capitale ukrainienne, tandis que d’autres, comme le président roumain Nicuşor Dan, participaient aux échanges par visioconférence. « Nous continuons à faire pression sur la Russie afin de parvenir à une paix durable et juste », a déclaré le chef de l’État roumain, condamnant fermement les dernières attaques russes contre la population civile ukrainienne, qu’il a qualifiées d’« acte d’irresponsabilité et de cruauté ».
Membre de l’OTAN et de l’Union européenne, la Roumanie se trouve en première ligne face aux conséquences de la guerre. Elle partage 614 kilomètres de frontière terrestre avec l’Ukraine et a été confrontée, depuis le début de l’invasion à grande échelle, à de multiples incursions de drones russes dans son espace aérien, ainsi qu’à la présence de mines dérivantes en mer Noire, à proximité de voies commerciales et énergétiques stratégiques.
Une indépendance célébrée en exil
À Bucarest, le même 24 août, plus d’une centaine d’Ukrainiens ayant trouvé refuge en Roumanie se sont réunis devant leur ambassade pour célébrer la fête de l’Indépendance. Drapés dans les couleurs nationales, certains vêtus de costumes traditionnels, ils ont entonné les hymnes ukrainien et roumain, avant d’écouter les messages de paix et de solidarité adressés par des responsables roumains et étrangers. Parmi les participants figuraient plusieurs dizaines de membres du corps diplomatique accrédité à Bucarest, mais aussi des représentants de la société civile et des médias roumains. Sur les grilles de l’ambassade, les photographies des crimes commis par les forces russes en Ukraine rappellent la réalité d’une guerre qui se poursuit à quelques centaines de kilomètres de là. Mais à côté de ces images de destruction, d’autres racontent une histoire différente : celle de jeunes et d’enfants ukrainiens accueillis en Roumanie, accompagnés dans leur scolarité et aidés à trouver leur place dans la société roumaine. Deux visages d’un même exil : la mémoire des violences subies et, malgré tout, la volonté de reconstruire.