La Moldavie, désormais partenaire du programme SAFE.
Les deux Etats roumanophones : la Roumanie et la République de Moldova ont décidé de consolider leur partenariat dans le domaine de la défense.
Bogdan Matei, 03.11.2026, 13:16
La Roumanie et la République de Moldavie ont signé lundi leur premier partenariat militaire dans le cadre du programme européen SAFE qui vise à renforcer des capacités de défense des Etats membres de l’Union et des Etats partenaires par le biais du financement des investissements et des achats d’équipement militaire en commun. Conformément à la presse bucarestoise, le document consolide les relations entre les deux Etats dans le domaine de la défense. Plus précisément, leurs armées devraient se procurer en commun des véhicules militaires assemblés par la société italienne IVECO, à Petresti, département de Dâmbovita, dans le sud de la Roumanie. Pour le premier ministre roumain Luca Niculescu, ce contrat se traduit par des investissements et par des emplois en Roumanie.
Sur une commande roumaine de 3 000 camions, 62 sont réservés à la Moldavie
Le ministre de la Défense, Radu Oprea ajoute que l’armée roumaine devrait recevoir près de 3 mille telles plates-formes de transport routier, dont 62 sont réservés à la Moldavie. Le ministre de la défense du gouvernement pro-occidental de Chisinau, Anatolie Nosatîi, précise que tous les camions qui seront achetés et délivrés en vertu de cet accord contribueront au développement des capacités logistiques et opérationnelles des troupes moldaves. De plus, la coopération dans le cadre de ce processus facilitera le rapprochement des standards et l’augmentation de l’interopérabilité entre les deux armées, affirme le responsable moldave. « Ce sont des camions que nous souhaitons afin de remplacer ces vieux modèles hérités de l’armée soviétique » – avoue le ministre Nosatîi.
Vers une défense commune anti-drone?
Le chef de l’exécutif roumain a rappelé que les récents pourparlers avec son homologue, Vasile Tofan, ont porté aussi sur la possibilité de développer des programmes conjoints de défense anti-drone. L’espace aérien des deux États est de plus en plus souvent violé par des drones, très probablement lancés par l’armée d’invasion russe, dans le contexte de la guerre en Ukraine. M Nosatîi a déclaré que les autorités de Chișinău avaient réalisé des progrès dans la détection des menaces aériennes, mais que des systèmes permettant leur interception étaient également nécessaires. « La défense d’un espace aérien qui s’étend le long d’une frontière de 1 222 kilomètres avec l’Ukraine ne peut être assurée uniquement par le déploiement régulier de mitrailleuses », admet le ministre.
Une armée faible dans un Etat constitutionnellement neutre
Les analystes rappellent que la République de Moldavie possède, de toute façon, l’une des armées les moins nombreuses et les moins équipées au monde. Ensuite, conformément à l’article 11 de la Constitution adoptée en 1994 et considérée par beaucoup comme obsolète, la Moldavie est un État neutre, ce qui signifie qu’elle ne peut faire partie d’aucun bloc militaire et n’autorise pas le déploiement de troupes étrangères sur son territoire. De plus, l’opinion publique, bien que largement favorable à l’intégration à l’Union européenne, reste très réticente à l’égard de l’OTAN – conséquence de l’endoctrinement soviétique durant un demi-siècle d’occupation. Dans ce contexte, le partenariat avec la Roumanie peut s’avérer essentiel.