Le Conseil de l’Atlantique Nord et la sécurité en mer Noire
Réuni à Bruxelles, le Conseil de l’Atlantique Nord a décidé de la nécessité d’une défense renforcée dans la région de la mer Noire.
Roxana Vasile, 11.06.2026, 10:39
Réuni mercredi à la demande de la Roumanie, le Conseil de l’Atlantique Nord a décidé de renforcer la sécurité dans la région de la mer Noire. Les ambassadeurs des pays membres de l’OTAN ont exprimé leur solidarité envers la Roumanie. Selon le correspondant Radio Roumanie à Bruxelles, Bucarest se verra offrir du soutien pour mieux se protéger contre les drones aériens et maritimes qui, dans le contexte de la guerre en Ukraine, pénètrent dans le ciel roumain.
Deux incidents majeurs aux drones
Récemment, deux incidents majeurs se sont produits à l’espace de quelques jours seulement. Un drone naval ukrainien ayant « perdu le contrôle » en raison du brouillage électronique russe s’est autodétruit dans le port roumain de Constanta, sur la mer Noire, sans faire de victimes, tandis qu’un drone russe a explosé sur le toit d’un immeuble d’habitations de Galati, dans le sud-est de la Roumanie, en blessant deux personnes et en provoquant des dégâts importants. Dans un entretien pour la chaine de télé TVR Info, le ministre de la Défense par intérim, Radu Miruţă, a affirmé qu’à l’heure où l’on parle, l’armée roumaine est obligée de se débrouiller avec les moyens dont elle dispose:
« Lorsque je suis arrivé au ministère de la Défense et que j’ai constaté que nos capacités actuelles ne couvraient pas tous les scénarios, j’ai adressé une demande à l’OTAN dans laquelle j’ai précisé ce dont nous estimions avoir besoin : des radars à basse altitude, des intercepteurs, divers autres moyens de défense antiaérienne au sol… Les responsables de l’OTAN ont procédé à une vérification technique et ont déclaré : « Oui, nous confirmons que ce que vous avez proposé est réellement nécessaire. »
Du soutien allié pour la Roumanie
A part la France, la Grande Bretagne, l’Italie, l’Espagne ou les Etats Unis, d’autres alliés auraient confirmé leur disponibilité de vérifier quels équipements ils pourraient envoyer à la Roumanie. De plus, une nouvelle réorientation se dessinera dans les plans de l’Alliance, non seulement en mer Noire, mais sur toutes les eaux où l’OTAN a des frontières. Une décision en ce sens devrait se confirmer à Ankara, à l’occasion du sommet allié prévu en début du mois de juillet. Quelles sont les attentes de la Roumanie concernant cette réunion? La cheffe de la diplomatie roumaine, par intérim, Oana Toiu, répond:
« Tout d’abord, les mesures qui doivent être prises conjointement au sein de l’OTAN et la contribution dont nous discutons avec nos alliés concernent des mesures militaires et le renforcement des capacités, qu’il s’agisse de radars, de systèmes anti-drones ou de l’accélération de leur déploiement sur le flanc est. En ce qui concerne la Roumanie, nous avons ce processus d’acquisition et une enveloppe allouée par le biais du programme SAFE, mais, comme l’ont indiqué tant le président que le ministre de la Défense, il faudra compter environ un an et demi à deux ans avant que ces équipements ne soient livrés. Par conséquent, pendant cette période, il est essentiel de voir nos capacités renforcées grâce au soutien allié.”
La sécurité en mer Noire, essentielle
Le président roumain Nicuşor Dan a salué les conclusions de la réunion de mercredi du Conseil de l’Atlantique Nord de Bruxelles. Dans le contexte où la guerre menée par la Russie en Ukraine continue à créer des risques majeurs pour la sécurité euro-atlantique, il est important que l’OTAN renforce sa présence et ses capacités en Roumanie, a déclaré le chef de l’Etat roumain. Dans un message sur FaceBook, il a affirmé que la sécurité dans la région de la mer Noire restait essentielle pour protéger les infrastructures critiques et les projets énergétiques stratégiques.