Les mesures d’austérité fonctionnent : le déficit budgétaire a chuté en Roumanie.
A Bucarest le ministère des finances rapporte une baisse significative du déficit budgétaire durant le premier trimestre de l’année.
Corina Cristea, 28.05.2026, 13:47
C’est un message extrêmement puissant concernant la stabilité fiscale et la discipline budgétaire qu’émet la Roumanie sur les marchés internationaux, après avoir réduit significativement le déficit durant le premier trimestre de l’année. Parallèlement, les recettes ont augmenté de 15%, alors que les investissements financés de fonds européens ont progressé de 34%, pour compter actuellement à l’équivalent de trois quarts des investissements publics. C’est ce qu’a annoncé le ministre par intérim des Finances, Alexandru Nazare qui a affirmé dans le cadre d’une conférence que la Roumanie traversait actuellement une des corrections fiscales les plus importantes de ces dernières années. Le ministre a également insisté sur le fait que la relance économique dépendait aussi de la consolidation des finances publiques et de la poursuite des investissements :
« A l’issue de quatre mois, en 2026, nous avons réussi à faire baisser le déficit de 2,9 l’année dernière à 1,17, donc le déficit a baissé de 32 milliards de lei (6 milliards d’euros), ce qui est une correction significative, une correction d’ampleur, ce n’est plus une étape. Cette exécution budgétaire à l’issue de quatre mois nous a énormément aidé, parce que dans un paysage de turbulences politiques importantes, la trajectoire fiscale demeure sérieuse, solide, ce que pour les agences de notation a énormément compté ces dernières semaines. » a déclaré le ministre par intérim des Finances.
Les déséquilibres dans l’économie ne pourront pas être rapidement corrigés, explique Alexandru Nazare, qui affirme que les investissements soutenus par le Plan national de relance et de résilience et les autres fonds européens sont essentiels pour maintenir la croissance économique et éviter le besoin de nouvelles mesures fiscales adoptées à la va-vite. Entre temps, le gouvernement essaie de mettre en œuvre une nouvelle vague de schémas de soutien de l’économie, d’investissements stratégiques de plus de 200 millions d’euros, de programmes pour l’industrie de transformation, pour la recherche et de projets de soutien aux Roumains de la diaspora qui souhaitent faire des investissements en Roumanie.
Une trajectoire solide et non pas une étape
« L’exécution budgétaire à l’issue de quatre mois confirme l’entrée de la Roumanie sur une trajectoire claire de consolidation fiscale, une des corrections budgétaires les plus consistantes de l’Union européenne durant cette période. Elle est le résultat d’un effort important, mais le contexte actuel sollicite toujours de la précaution et de l’exigence dans la gestion des fonds publics », annonce le ministère des Finances. La consolidation fiscale se déroule dans une économie marquée par une demande interne plus faible et par une inflation élevée, lit-on dans le document.
Le contrôle strict des dépenses courantes et l’accélération de l’absorption des fonds européens jouent toujours un rôle crucial.
« Voici l’équilibre que nous devons préserver : la discipline fiscale, l’absorption accélérée des fonds européens et la protection des projets qui soutiennent le développement. Pour l’année 2026, l’objectif demeure inchangé : réduire le déficit budgétaire à 6,2% du PIB, en ligne avec les engagements assumés face à l’UE. Maintenir cette trajectoire est extrêmement important pour réduire les vulnérabilités macroéconomiques, préserver la confiance des investisseurs et créer l’espace nécessaire aux investissements », a expliqué le ministre par intérim des finances, Alexandru Nazare.