Un Gouvernement sans le PSD
Le Parti Social-Démocrate a officiellement quitté le Gouvernement dirigé par le libéral Ilie Bolojan, ce qui a entraîné une reconfiguration rapide de l’Exécutif.
Roxana Vasile, 24.04.2026, 13:39
La coalition gouvernementale de Bucarest, réunissant le Parti Social-Démocrate, le Parti National Libéral, l’Union Sauvez la Roumanie et l’Union Démocrate des Magyars de Roumanie, ne fonctionne plus suite à la démission en bloc, jeudi à midi, des ministres sociaux-démocrates. Le PSD, incontestablement le principal parti parlementaire à l’issue des élections législatives de décembre 2024, a officiellement retiré son soutien au premier ministre libéral Ilie Bolojan, dénonçant une fois de plus, à l’appui de sa décision, la récession, l’inflation, l’effondrement de la consommation et de la production au nom de la réduction du déficit budgétaire abyssal du pays.
Les sociaux-démocrates, ouverts à toute formule sans Bolojan
La condition posée par les sociaux-démocrates pour ne pas quitter le gouvernement était la démission du premier ministre, un geste que celui-ci a refusé de faire. Après le départ des ministres du PSD, le gouvernement Bolojan 2 s’est reconfiguré sur le tas. Le chef de l’Exécutif a préféré la solution des ministres par intérim afin d’éviter, a-t-il dit, un blocage de la gestion du pays. Cette solution n’a pas besoin de la validation au Parlement sur les prochains 45 jours, l’équipe gouvernementale ayant ainsi pleins pouvoirs d’action, tout comme auparavant.
Le premier ministre a fait savoir qu’il allait assumer le portefeuille de l’Énergie: « Au ministère de l’Énergie, Ilie Bolojan. Je crois que je peux faire avancer les choses dans ce domaine, pour faire augmenter la production, nettoyer les réseaux parasités par la clientèle politique et prendre des mesures pour que l’énergie soit moins chère en Roumanie. »
Les autres portefeuilles devenus vacants – à savoir l’Emploi, la Justice, la Santé, l’Agriculture et les Transports – ont été assumés par les ministres du PNL, de l’USR et de l’UDMR du Cabinet.
Le premier ministre Ilie Bolojan a expliqué ce choix: « Mon objectif a été de proposer des gens dont l’expérience leur permette d’assumer immédiatement l’activité, pour éviter les défaillances et pour continuer les projets en cours. Pour cela, j’ai demandé aux nouveaux ministres de contacter, d’ici lundi, les démissionnés, pour le transfert des dossiers et nous aurons une réunion de travail lundi prochain. »
Désormais c’est au président de jouer le rôle de médiateur
Les démissions des ministres sociaux-démocrates et les noms proposés pour l’intérim ont été remis à l’Administration présidentielle. A Chypre, où il participe au sommet informel de l’Union européenne, le chef de l’Etat, Nicuşor Dan, a réaffirmé le maintien de son rôle de médiateur dans la crise politique actuelle, assurant également que la Roumanie gardait son parcours européen.
« Nous avons quatre partis pro-occidentaux qui souhaitent maintenir ce cap. Pour nous, l’OCDE, le SAFE et le PNRR sont extrêmement importants et il y a un consensus là-dessus. Les institutions fonctionnent et la Roumanie continuera, sous une forme ou une autre, sur le chemin qu’elle a assumé. »
Un cabinet qui vit sous la menace d’une motion de censure
Le PSD considère, néanmoins, que la nouvelle formule gouvernementale ne serait pas fonctionnelle, le maintien d’Ilie Bolojan à la tête d’Exécutif sans majorité parlementaire étant profondément irresponsable, ayant des effets négatifs sur l’économie nationale, vu notamment le contexte géopolitique actuel. D’ailleurs, malgré ses pleins pouvoirs, le Cabinet « Bolojan 2 » vit sous la menace d’une possible motion de censure, bien que l’on ait du mal, pour l’instant, à imaginer l’initiateur. Le leader de l’Alliance pour l’Union des Roumains (AUR, d’opposition nationaliste), George Simion, accuse le PSD d’avoir provoqué cette crise politique comme une diversion pour cacher l’absence de l’action et l’abandon des secteurs stratégiques de la Roumanie.