Jacques Augustin – Le prix du carburant
Le litre d’essence tourne autour des 1 euro 90 centimes, alors que le diesel a déjà dépassé les 2 euros.
Alex Diaconescu, 23.10.2026, 10:30
Les prix des carburants ont explosé aussi en Roumanie. Désormais, le litre d’essence tourne autour des 1 euro 90 centimes, alors que le diesel a déjà dépassé les 2 euros. Cette flambée des prix a été tempérée par la réduction des accises sur les carburants, mais aucune mesure gouvernementale n’a réussi à réduire de manière significative les prix à la pompe. Le fait que les prix des carburants sont plus bas en Roumanie est probablement dû au fait que le pays dispose aussi de ses propres réserves d’hydrocarbures. D’ailleurs, avec une production de trois millions de tonnes en 2024, la Roumanie est le troisième producteur de brut de l’Union européenne, après l’Italie et le Danemark. Mais la Roumanie fait partie d’un marché régional et mondial des carburants et par conséquent, le prix des produits pétroliers dépend directement de ces évolutions. Avec ses trois raffineries fonctionnelles, théoriquement, la Roumanie dispose d’une capacité de raffinage qui pourrait couvrir largement sa consommation de carburants. Et pourtant, la raffinerie la plus grande, Petromidia, sur la côte de la mer Noire, appartenant au groupe kazakh KazMunayGaz, a été confrontée à d’importants problèmes d’approvisionnement. En fait, ce site reçoit du brut à travers la mer Noire, via un terminal pétrolier à Novorossiisk, en Russie, qui a été à plusieurs reprises frappé par des drones ukrainiens, puisque c’est par le même terminal que la Russie exporte des hydrocarbures. Puis, il y a la raffinerie Petrobrazi, à Ploiesti, qui appartient à la compagnie nationale Petrom et, enfin, la raffinerie Petrotel appartenant au groupe russe Lukoil. Cette dernière est actuellement à l’arrêt suite aux sanctions imposées à la Russie, à cause de la guerre déclenchée en Ukraine. Donc, en réalité, il y a un déficit chronique de diesel qui compte d’ailleurs pour 80 % du marché des carburants. Dans le cas de l’essence, la production est excédentaire par rapport à la consommation et le pays se permet même d’en exporter. Pour ce qui est de la matière première, la Roumanie s’assure, par sa production interne seulement, moins de 3 millions de tonnes par an, sur une consommation de 10 millions de tonnes. La Roumanie importe donc des hydrocarbures, surtout du brut depuis le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan, mais aussi depuis le Golfe. Et voilà que dans l’espace d’une année seulement, à cause de deux crises : la guerre en Ukraine et le blocage du détroit d’Ormuz, les Roumains se sont retrouvés face à une flambée des prix des carburants. Qu’est-ce que l’avenir nous réservera-t-il ? Difficile à dire. Les autorités nous assurent que la Roumanie dispose de réserves suffisantes de carburants, mais les risques d’une crise sont toujours présents.