La Roumanie et son Plan national de relance et de résilience
La Roumanie récupère environ 350 millions d'euros dans le cadre du PNRR, mais perd plus de 450 millions d'euros sur la 3ème demande de paiement
Daniela Budu, 04.05.2026, 12:30
La Roumanie a obtenu la levée partielle de la suspension de certains financements européens, tout en enregistrant une perte définitive significative dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR). Le ministre roumain des Investissements et des Projets européens, Dragoș Pîslaru, a annoncé que 350,7 millions d’euros initialement gelés ont pu être récupérés, tandis que 458,7 millions d’euros sont désormais définitivement perdus. Cette décision, qualifiée de finale, a été notifiée par la Commission européenne à Bucarest dans le cadre de la demande de paiement n°3 du PNRR. Déposée le 15 décembre 2023 et décrite comme l’une des plus complexes à ce jour, cette demande avait été partiellement suspendue en mai 2025, Bruxelles estimant que plusieurs réformes n’avaient pas été menées de manière satisfaisante. Malgré une période de correction accordée aux autorités roumaines et l’envoi d’éléments justificatifs supplémentaires à la fin de l’année dernière, quatre jalons essentiels n’ont pas été validés. Dans un message publié en ligne, le ministre a attribué ces pertes à des réformes retardées, incomplètes ou mal exécutées au cours des dernières années.
Réformes en suspens et avertissements de Bruxelles
Parmi les avancées notables, Bucarest a réussi à récupérer 166 millions d’euros sur les 231 millions initialement suspendus au titre de la réforme des pensions spéciales. Selon Dragoș Pîslaru, malgré des retards liés à des questions de constitutionnalité, la législation adoptée a finalement été jugée conforme aux exigences européennes. Par ailleurs, 132 millions d’euros ont été débloqués dans le cadre de la mise en place de l’autorité chargée de superviser les entreprises publiques. En revanche, près de 200 millions d’euros ont été perdus en raison de défaillances dans les processus de sélection et de nomination au sein de grandes entreprises publiques du secteur énergétique, telles que Hidroelectrica, Romgaz ou Nuclearelectrica, ainsi que dans les entreprises de transport. Seuls un peu plus de 50 millions d’euros ont pu être récupérés dans ces dossiers.
Pour le ministre, ces résultats illustrent une réalité contrastée : là où une volonté politique a été clairement affirmée, les fonds ont pu être en grande partie sauvés ; en revanche, les réformes repoussées de longue date ont conduit à des pertes conséquentes. Une analyse partagée, mais formulée de manière plus alarmiste, par le vice-président du Parlement européen, Victor Negrescu. Celui-ci estime que les défaillances du PNRR ne peuvent plus être dissimulées et met en garde contre un risque de pertes de plusieurs milliards d’euros si les retards persistent. Alors que la Roumanie doit encore percevoir près de 10 milliards d’euros au titre du plan, les autorités se sont engagées à finaliser neuf réformes d’ici le mois d’août. Parmi elles, la réforme de la loi sur la rémunération unitaire apparaît comme la plus sensible, dans un contexte marqué par l’absence de consensus politique et des tensions persistantes autour de sa mise en œuvre.