Le rapport de la Commission européenne sur la Roumanie
La Commission européenne confirme les progrès de la Roumanie dans la procédure de déficit excessif, tout en avertissant que des déséquilibres perdurent.
Mihai Pelin, 04.06.2026, 12:44
Selon un rapport de Bruxelles, la Roumanie et 8 autres pays ont pris des mesures efficaces pour corriger leur déficit excessif. La Commission européenne a adopté le paquet de printemps 2026 du Semestre européen. Selon elle, tous les pays membres ont respecté leurs engagements d’une manière satisfaisante. La Roumanie, affirme la Commission, se trouve sur une bonne trajectoire censée lui permettre de réduire ses déséquilibres, mais elle n’a pas encore surmonté le moment critique et donc, elle doit poursuivre les mesures d’austérité et les réformes. A l’heure où l’on parle, le pays continue à afficher le déficit le plus élevé de l’UE, bien qu’il soit passé de 9,3 en 2024 à 7,9% en 2025 et qu’il est censé se réduire progressivement jusqu’à 6,2 % du PIB en 2026.
L’instabilité politique plonge le pays dans l’incertitude
Par ailleurs, la Roumanie reste le seul pays européen en proie à de forts déséquilibres, avec le niveau de collecte de taxes et d’impôts le plus réduit. Le Plan national de relance et de résilience, PNRR, est essentiel et cela non seulement pour les fonds attirés et les investissements devenus possibles, mais aussi pour la mise en place des réformes avec des résultats à long terme. Un point important est représenté par la réforme des salaires et des retraites, tout comme par le contrôle des dépenses publiques. Bien que le rapport de Bruxelles n’ait pas une approche politique, dans le cas de la Roumanie, la Commission affirme que l’instabilité politique plonge le pays dans l’incertitude. Le risque le plus élevé est représenté par les effets que cette instabilité pourrait avoir sur la rectification fiscale. Voilà pourquoi, l’Exécutif européen insiste sur l’importance que le futur gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, maintienne en place les politiques d’équilibre fiscal.
Le risque de pauvreté en Roumanie dépasse 32%
Le rapport de la Commission comporte également un chapitre consacré au domaine social de Roumanie et ceci dans le contexte où la ressource humaine reste particulièrement importante pour la croissance économique. A la fin, affirme Bruxelles, une relance économique saine devrait se refléter au niveau de toute la société. Mais, pour l’instant, la situation sociale est toute aussi problématique que celle économique et fiscale. Dans une Europe où le risque de pauvreté et d’exclusion sociale se monte à 21%, en Roumanie, ce taux dépasse 32%, et devient l’un des plus élevés de l’UE. L’efficacité des transferts sociaux reste réduite. Alors que, dans l’Union européenne, les aides sociales réduisent le risque de pauvreté de près de 33 %, en Roumanie, leur impact est inférieur à 20 %. La Commission indique clairement que le système de protection sociale doit être révisé, car il ne couvre pas suffisamment les personnes vulnérables, en particulier dans les zones rurales, où vivent plus de 45 % des Roumains.
L’analphabétisme fonctionnel grimpe à 40% en Roumanie
L’éducation aussi reste un domaine problématique. La Roumanie affiche un des taux d’analphabétisme fonctionnel les plus importants en Europe : plus de 40% des élèves ne détiennent pas les compétences minimales en lecture et en mathématiques, soit un pourcentage qui dépasse de beaucoup la moyenne européenne de 25%. Quant à l’infrastructure sociale et environnementale, la Roumanie est, encore une fois, en queue de classement européen. Presqu’un quart des ménages n’ont pas accès à l’eau courante et ne sont pas reliés aux réseaux de canalisation, tandis que les investissements dans l’infrastructure se concentrent dans seulement quelques régions. La Commission européenne encourage la Roumanie à accélérer ses investissements dans l’infrastructure environnementale et dans les services publics de base, afin de réduire les décalages territoriaux.