Des discussions autour du futur gouvernement
La Roumanie est toujours en quête d’un gouvernement. Quelles perspectives?
Bogdan Matei, 09.06.2026, 13:19
Quelques jours seulement pour former un gouvernement
En Roumanie, malgré les avis mitigés de l’opinion publique, tous les yeux sont rivés sur la scène politique roumaine et ses principaux acteurs. Car tout se joue ces jours-ci. Et pour cause. D’ici à dimanche, le premier ministre désigné, Eugen Tomac, doit présenter son programme de gouvernance et l’équipe qui formera son futur cabinet. Lundi, il a eu des consultations avec les principaux partis de l’ancienne coalition gouvernementale pro-occidentale, qui s’est brisée début-mai.
A l’issue de ce premier round de pourparlers, une chose était claire : le Parti National Libéral (PNL) et l’Union Sauvez la Roumanie (USR) sont très réservés quant au futur cabinet Tomac et hésitent de lui accorder leur plein soutien. En fait, les dirigeants des deux partis mentionnés ont rejeté l’idée d’un cabinet de technocrates, le considérant comme une solution trop fragile et incapable de mener à bout les réformes nécessaires.
Le PNL et l’USR sont réticents
Pour sa part, le premier ministre par intérim et président du PNL, Ilie Bolojan estime que:
« Un tel gouvernement qui ne bénéficie pas d’un soutien politique explicite, n’est pas une solution pour la Roumanie. Pratiquement il n’a pas la possibilité de continuer les réformes et de passer aux choses difficiles que la Roumanie ne peut pas éviter, sans avoir un appui parlementaire ».
Un avis partagé par le maire de Timisoara (ouest) et président de l’USR, Dominic Fritz:
« Un gouvernement technocrate appuyé par le PSD n’aurait pas la force de continuer les réformes, dont notamment les réformes pour lesquelles le PSD a décidé de renverser le gouvernement ».
Dans les jours à venir, le PNL et l’USR doivent annoncer leur décision quant au vote d’investiture du futur cabinet.
Le PSD pose des conditions difficiles
Bien que plus bienveillants face au premier ministre désigné, les sociaux-démocrates lui ont posé une condition difficile; constate la presse : abandonner complètement le modèle d’austérité promu par Ilie Bolojan. Le président de la Chambre des Députés de Bucarest et chef de file des sociaux-démocrates, Sorin Grindeanu, affirme :
« Nous ne voterons pas pour de nouvelles taxes, ni pour des coupes salariales, nous ne voterons pas pour des mesures qui touchent les retraités ou l’économie roumaine. Si ce gouvernement veut avoir l’appui du PSD, alors les réformes et les mesures de réduction du déficit doivent être mises en place du haut de la hiérarchie vers le bas, pas comme ce fut le cas jusqu’ici ».
Eugen Tomac reste confiant
Néanmoins, Eugen Tomac se dit persuadé pouvoir réunir les 233 voix favorables nécessaires pour s’installer à la tête de l’Exécutif. Il compte sur le fait que le besoin de débloquer la situation actuelle pèsera plus que les tensions politique et a appelé, de nouveau, à la responsabilité de la part des formations parlementaires.
Eugen Tomac : « Les partis ont tout le droit de prendre la décision qu’ils jugent la meilleure, mais moi, je pense que la meilleure solution est de m’accorder leur vote de confiance. Je reste confiant que les partis feront ce qui est mieux pour la Roumanie, et à l’heure actuelle ce que la Roumanie nécessite, c’est un gouvernement ».
Dans l’opposition, son principal représentât, l’Alliance pour l’union des Roumains a fait savoir que ses membres ne participeraient même pas à la réunion d’investiture. (trad. Valentina Beleavski)