Les priorités du nouveau Premier ministre roumain
Le Premier ministre désigné, Sigfried Mureșan, dispose de 10 jours pour obtenir le soutien du Parlement
Corina Cristea, 21.09.2026, 11:25
Désigné par le président Nicușor Dan pour former un nouveau gouvernement à Bucarest, le député européen Siegfried Mureșan dispose de 10 jours pour élaborer le programme gouvernemental et décider de la composition de son futur cabinet. Parallèlement, il doit obtenir une majorité de 233 voix au Parlement pour que le gouvernement soit approuvé. Pour l’instant, le Premier ministre désigné compte sur les 169 voix du Parti national libéral, de l’Union Sauvez la Roumanie et de l’Union démocrate magyar de Roumanie. Dès vendredi, Siegfried Mureșan a annoncé que les partis qui le soutiennent avaient commencé à travailler sur le programme qui sera présenté au public dans les jours à venir :
« Je suis conscient que la Roumanie a besoin d’un gouvernement sérieux et crédible, dès que possible, un gouvernement qui poursuive les réformes, les projets et les programmes engagés cette année. Je sais que la Roumanie a gagné en confiance et en crédibilité au cours de l’année écoulée. Je sais que la Roumanie est aujourd’hui plus stable et plus forte que par le passé, et nous devons poursuivre dans cette voie. Notre objectif est d’avoir une discussion avec les députés du Parlement roumain sur la base des priorités du programme de gouvernement. » a assuré Siegfried Mureșan
Un futur gouvernement dans la continuité du précédent
Dès vendredi, ce dernier a annoncé qu’il maintiendrait le principe de « bonne gestion » des deniers publics, précisant qu’après cette période difficile, le pays entrerait dans une « phase de croissance » et qu’il envisageait d’assouplir certaines mesures d’assainissement budgétaire dès que le pays en aurait les moyens. Il a précisé que le gouvernement d’Ilie Bolojan – destitué par une motion de censure et assurant l’intérim depuis le 5 mai – n’avait pas pris certaines mesures d’assainissement budgétaire critiquées uniquement « par plaisir » et que ces ajustements étaient nécessaires, faute de quoi les fonds européens auraient été bloqués. « Nous devrons procéder à une rectification budgétaire, après quoi, à la fin de l’année, nous établirons le budget de l’année suivante et nous verrons alors exactement ce que nous pouvons nous permettre pour l’année à venir », a ajouté Siegfried Mureșan. Afin d’obtenir le soutien du Parlement, ce dernier s’est déclaré ouvert à des discussions avec le Parti social démocrate, une position récemment exprimée également par l’USR. Si le PNL, l’USR et l’UDMR estiment que Siegfried Mureşan est l’homme de la situation pour diriger un gouvernement capable d’assurer un avenir meilleur à la Roumanie, le PSD a quant à lui adopté une attitude réservée et critique à l’égard du Premier ministre désigné. Les sociaux-démocrates désapprouvent son intention de poursuivre la politique d’Ilie Bolojan et lui demandent un plan concret pour relancer l’économie, protéger le pouvoir d’achat et préserver les emplois. Le parti d’extrême-droite ultra nationaliste AUR, qui est exclu des négociations, affirme qu’il ne votera pas en faveur d’un gouvernement dont il ne fait pas partie et continue de réclamer des élections anticipées, alors que, selon les sondages d’opinion, un retour aux urnes semblerait lui être favorable.