La semaine du 21 au 27 septembre 2026
Le Premier ministre désigné en quête de majorité auprès du parlement roumain / Le président roumain s’est exprimé devant l’Assemblée générale des Nations unies / La Roumanie attend le verdict des agences de notation financière / Le pouvoir d’achat des Roumains toujours sous pression
Roxana Vasile, 27.09.2026, 10:36
Siegfried Mureșan en quête de majorité
Le Premier ministre désigné, le libéral Siegfried Mureșan, a présenté cette semaine les grandes lignes du programme gouvernemental qu’il entend soumettre au Parlement pour obtenir l’investiture. Alors que le pays sort difficilement d’une longue période d’austérité budgétaire, il promet de maintenir une gestion rigoureuse des finances publiques, tout en annonçant qu’une phase de croissance pourrait désormais s’ouvrir. Il exclut notamment toute nouvelle hausse des impôts et des taxes, dont le niveau a fortement augmenté cette année, et prévoit, dans le budget 2027, une revalorisation des salaires du secteur public ainsi qu’une indexation des pensions. Sur le plan politique, Siegfried Mureșan peut compter sur le soutien du Parti national libéral, de l’Union sauvez la Roumanie et de l’Union démocrate magyare de Roumanie, les trois formations qui composaient déjà la précédente coalition gouvernementale. Mais avec 169 parlementaires, cette alliance reste très loin des 233 voix nécessaires à l’investiture. Le Premier ministre désigné entend donc poursuivre les discussions avec le Parti social-démocrate, dont le soutien lui serait indispensable pour atteindre la majorité. Les sociaux-démocrates, qui réclament sa démission et mettent en doute ses chances d’obtenir les voix nécessaires, refusent pour l’heure de soutenir un gouvernement dont ils seraient exclus. L’Alliance pour l’union des Roumains, parti d’extrême-droite ultranationaliste, a pour sa part été tenue à l’écart des négociations et maintient son opposition à tout exécutif auquel elle ne participerait pas. Dans ce contexte, la formation d’un gouvernement demeure incertaine. En cas d’échec, la Roumanie pourrait se retrouver confrontée à la perspective d’élections législatives anticipées, un scénario que le président Nicușor Dan cherche à éviter après plusieurs mois d’instabilité politique, consécutifs à la chute du gouvernement d’Ilie Bolojan en mai.
À l’ONU, Nicușor Dan alerte sur les menaces hybrides
Le soutien à l’Ukraine et la lutte contre les menaces hybrides attribuées à la Russie ont occupé une place centrale dans l’intervention de Nicușor Dan à l’Assemblée générale des Nations unies. Mercredi, depuis la tribune de l’ONU à New York, le président roumain a notamment mis en garde contre la manipulation de l’opinion publique via les réseaux sociaux, qu’il considère comme une menace croissante pour les démocraties. Il a rappelé que le principe fondamental de la démocratie repose sur « une personne, une voix », estimant que la multiplication de milliers de faux comptes agissant de manière coordonnée revient à étouffer la voix des citoyens et à porter atteinte à la liberté d’expression.
Évoquant la guerre en Ukraine, Nicușor Dan a réaffirmé le soutien de la Roumanie au peuple ukrainien « aussi longtemps que nécessaire ». Selon le chef de l’État, les menaces hybrides russes ne se limitent toutefois pas à l’Ukraine et concernent l’ensemble du continent européen. Il a plaidé, à cet égard, pour un renforcement des dépenses militaires, qu’il considère comme indispensable à leur dissuasion. La sécurité en mer Noire, le soutien à la République de Moldavie, le plan de paix pour Gaza, ainsi que l’attractivité de la Roumanie pour les entreprises et l’innovation figuraient également parmi les thèmes abordés. Au cours de son déplacement aux États-Unis, le président roumain a par ailleurs rencontré des membres de la communauté roumaine de New York. Il a également inauguré le carrefour baptisé en hommage à la reine Marie de Roumanie, à l’occasion du centenaire de la visite historique de la souveraine aux États-Unis. Une plaque commémorative a été dévoilée à l’intersection de la 38e et de la 3e Rue, à proximité du siège de la Mission permanente de la Roumanie auprès des Nations unies.
La note de la Roumanie sous surveillance
Des experts de l’agence internationale de notation Standard & Poor’s sont à Bucarest cette semaine pour examiner la situation économique et budgétaire de la Roumanie, avant de se prononcer sur sa notation souveraine. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le ministre des Finances par intérim, Alexandru Nazare, a indiqué que la priorité de son ministère était de préserver cette note, déterminante pour les conditions auxquelles le pays peut se financer sur les marchés internationaux, mais aussi pour la confiance des investisseurs. Selon le ministre, son maintien permettrait de consacrer davantage de ressources au développement plutôt qu’au paiement des intérêts de la dette. L’agence, l’une des principales agences de notation au monde, doit publier sa prochaine évaluation de la Roumanie le 2 octobre. Le pays se situe actuellement au dernier échelon de la catégorie « investissement ». Une dégradation de sa note le ferait basculer dans la catégorie spéculative, avec des conséquences potentielles sur ses conditions de financement et l’attractivité du marché roumain.
Le pouvoir d’achat des Roumains sous pression
Dans le même temps, les indicateurs servant de référence au calcul du coût des crédits à la consommation et des prêts immobiliers en monnaie nationale à taux variable sont repartis à la hausse. À la pompe, les prix de l’essence et du diesel ont franchi de nouveaux seuils symboliques, tandis que le leu s’est nettement déprécié face aux principales devises, atteignant un niveau historiquement bas par rapport à l’euro. Si l’inflation a marqué un ralentissement, passant de 8,16 % en juillet à 6,17 % en août, le coût des services a, lui, continué de progresser à un rythme à deux chiffres, sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’énergie et des carburants. Les produits alimentaires et non alimentaires ont également renchéri, pesant particulièrement lourd sur les ménages les plus modestes. Cette dégradation du niveau de vie nourrit un sentiment de déclassement : près d’un Roumain sur trois (32 %) estime ainsi vivre moins bien qu’il y a un an, tandis que le décalage entre l’évolution des salaires et celle du pouvoir d’achat se creuse. Le pessimisme demeure également marqué quant aux perspectives économiques : 86 % des personnes interrogées anticipent de nouvelles hausses de prix. Un climat qui pousse les ménages à redoubler de prudence et à adapter leurs dépenses face à une conjoncture qu’ils perçoivent comme durablement difficile, selon une étude de l’INSCOP publiée cette semaine.