La démocratie et l’espace numérique, au coeur d’une conférence francophone à Bucarest
Le président de la Roumanie, Nicușor Dan, et le premier ministre, Luca Niculescu, ont participé ce vendredi 6 novembre à la réunion de travail intitulée « Société de l’information et démocratie constitutionnelle », organisée dans le cadre du programme triennal de la présidence de l’Association des Cours constitutionnelles francophones (ACCF).
Newsroom, 06.11.2026, 18:00
Le président de la Roumanie, Nicușor Dan, et le Premier ministre, Luca Niculescu, ont participé ce vendredi 6 novembre à la réunion de travail intitulée « Société de l’information et démocratie constitutionnelle », organisée dans le cadre du programme triennal de la présidence de l’Association des Cours constitutionnelles francophones (ACCF).
Le thème de la légitimité électorale et des garanties constitutionnelles dans la société de l’information est « extrêmement important et d’actualité », a déclaré le chef de l’Etat roumain en ouverture de l’événement, soulignant que les élections constituaient le fondement de la démocratie et que leur légitimité ne pouvait plus se résumer à un simple décompte correct des suffrages.
Selon le président Dan, il est nécessaire d’examiner la manière dont se déroulent les campagnes électorales et, surtout, la façon dont les citoyens se forgent une opinion.
Nicușor Dan : « Ces aspects ont profondément évolué ces dernières années, notamment en raison de la présence croissante de l’information dans l’espace numérique. Toutes les sociétés démocratiques sont confrontées à différentes vulnérabilités : manipulation algorithmique, publicité politique ciblée, campagnes d’influence politique inauthentiques et, plus récemment, utilisation de l’intelligence artificielle pour produire de faux contenus ».
A son avis, le droit fondamental de voter et le droit fondamental à l’information sont aujourd’hui soumis à des distorsions.
Nicușor Dan : « Nous avons vu de nombreux exemples de ce type et il est évident que le droit fondamental de l’élire, comme le droit fondamental d’être informé peuvent être affectés. La question est également celle de la rapidité de réaction des institutions. Même si celles-ci comprennent ces phénomènes et disposent des moyens nécessaires pour y répondre, la question essentielle demeure : à quelle vitesse peuvent-elles agir ? Lorsqu’une information fausse ou inauthentique s’est déjà propagée auprès, par exemple, de 20 % de la population, il devient très difficile de convaincre ensuite les personnes concernées du contraire ».
Selon le président roumain, le premier défi consiste à adapter le cadre institutionnel, tant au niveau législatif que dans le fonctionnement en temps réel des institutions, afin de garantir un processus d’information équitable entre les citoyens au sein d’une démocratie.
D’un point de vue juridique, plusieurs interrogations s’imposent : comment moderniser la législation pour prendre en compte ces nouveaux phénomènes numériques d’information et comment permettre aux institutions de protéger, en temps réel, l’intégrité des élections sans porter atteinte à la liberté d’expression.
Enfin, pour le chef de l’Etat roumain cette la réunion est particulièrement importante, étant donné qu’il s’agit d’un domaine nouveau, que chaque pays découvre progressivement.
Nicușor Dan : « Toute expertise pertinente, qu’elle soit positive ou négative, nous aide à construire le juste équilibre entre les différents droits fondamentaux qui doivent être conciliés. Cette réflexion concerne bien sûr aussi le financement des campagnes politiques, dans un contexte où les modes de circulation des ressources financières se sont diversifiés, ce qui rend plus difficile l’encadrement réglementaire de l’ensemble des flux financiers ».