La semaine du 24 au 31 août 2025
Réunion annuelle de la diplomatie roumaine à Bucarest / La République de Moldova soutenue par ses alliés de l’UE / Bucarest sur le point d’engager à nouveau sa responsabilité sur un nouveau plan d’austérité / Le climat de tension sociale continue de grimper face à l’austérité / La Roumanie sur le devant de la scène classique internationale
Sorin Iordan, 31.08.2025, 11:10
Réunion annuelle de la diplomatie roumaine à Bucarest
Bucarest a accueilli cette semaine la réunion annuelle de la diplomatie roumaine, rassemblant les chefs de missions diplomatiques et consulaires, les directeurs des représentations de l’Institut culturel roumain à l’étranger, de hauts fonctionnaires ainsi que des invités spéciaux. Les discussions ont porté sur le rôle de la Roumanie dans le contexte international actuel, les priorités de sa politique étrangère, l’unité transatlantique, la solidarité européenne et l’importance de la diplomatie parlementaire. La cheffe de la diplomatie roumaine, Oana Ţoiu, a rappelé que le statut d’État membre de l’Union européenne, l’appartenance à l’OTAN et le partenariat stratégique avec les États-Unis constituent les piliers de la politique extérieure de Bucarest. Elle a insisté sur la clarté et la constance du message du pays : « Vous pouvez compter sur la Roumanie. » Le président Nicuşor Dan a souligné, pour sa part, que la politique étrangère roumaine devait rester prévisible et cohérente, fondée sur le respect du droit international, un ordre mondial régulé par des règles et un dialogue constant avec les partenaires internationaux. L’État roumain se concentrera sur trois axes prioritaires : la sécurité, l’économie et la communauté des Roumains de l’étranger. Dans son intervention, Nicuşor Dan a également mis en avant les opportunités stratégiques offertes par la position géographique du pays, qui pourrait devenir un hub de connectivité entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, tout en soulignant que la mer Noire doit jouer un rôle central dans cette vision.
La République de Moldova soutenue par ses alliés de l’UE
Direction la République de Moldova, de l’autre côté de la rivière Prut, ancien pays soviétique qui a célébré cette semaine le 34ᵉ anniversaire de son indépendance. À l’occasion de cet anniversaire, Chisinau a reçu la visite du président français Emmanuel Macron, du chancelier allemand Friedrich Merz et du Premier ministre polonais Donald Tusk. Ce déplacement constitue un signal fort de l’Occident, envoyé à un État européen en plein parcours d’adhésion, confronté à l’ingérence et à la propagande pro-russes visant à le déstabiliser et à l’éloigner de l’Union européenne. « Le message que nous adressons aujourd’hui est un message de soutien, de solidarité et de confiance en notre avenir commun au sein de l’Union européenne », ont déclaré les trois dirigeants européens. Le Premier ministre roumain Ilie Bolojan a quant à lui réaffirmé que Bucarest resterait un fervent défenseur des idéaux de la République de Moldova et de ses citoyens d’origine roumaine. Il a rappelé le lien singulier qui unit les deux États, fondé sur la langue, la culture, l’histoire et les traditions, et a souligné que la Roumanie maintiendrait un soutien ferme, concret et multidimensionnel à l’adhésion de la République de Moldova à l’Union européenne. Dans ce contexte, les élections législatives prévues le 28 septembre prochain revêtent une importance capitale pour la trajectoire européenne du pays, selon les analystes politiques.
Bucarest sur le point d’engager à nouveau sa responsabilité sur un nouveau plan d’austérité
Les dirigeants des partis formant la coalition au pouvoir à Bucarest se sont retrouvés cette semaine pour finaliser les derniers arbitrages concernant le deuxième paquet de mesures fiscales destiné à réduire le déficit budgétaire du pays. Selon Ioana Dogioiu, porte-parole du gouvernement, six projets de loi sont en cours de finalisation et seront intégrés à ce second ensemble de réformes. Ces initiatives couvrent plusieurs domaines stratégiques : la fiscalité, l’insolvabilité, la réforme des entreprises publiques, la modernisation du système de Santé, la réorganisation de l’administration locale, la révision des régimes spéciaux de retraites des magistrats, ainsi que la réforme des grandes autorités de régulation – énergétique, financière et des communications. Dans le même temps, l’exécutif entend mieux encadrer l’externalisation des bénéfices des multinationales, renforcer l’imposition des plus-values boursières, instaurer de nouvelles règles sur les revenus locatifs et appliquer une taxe de 25 lei sur les colis commandés hors Union européenne. D’autres ajustements concernent la rémunération des médecins généralistes, désormais basée sur le nombre de consultations plutôt que sur le nombre de patients inscrits, et la révision des effectifs minimum et maximum par classe. Parmi les mesures les plus sensibles figurent une hausse de 70 % des impôts locaux, la suppression de 40 000 postes dans les administrations locales et le report de l’âge de départ à la retraite des magistrats à 65 ans. Le Premier ministre libéral Ilie Bolojan a précisé que les effets cumulés de ces deux paquets devraient se matérialiser dès l’année prochaine.
Le climat de tension sociale continue de grimper face à l’austérité
L’adoption anticipée du deuxième train de mesures budgétaires visant à réduire le déficit de la Roumanie a de nouveau déclenché des mouvements de contestation dans plusieurs villes de Roumanie cette semaine. À Bucarest, enseignants et professeurs se sont rassemblés depuis plus de vingt jours devant le ministère de l’Éducation, inquiets des conséquences des réformes sur le système scolaire. Leur mécontentement porte sur l’élévation du niveau d’enseignement, la fusion de plus de 500 établissements et la réduction de plus de 50 % du taux horaire. Les syndicats de l’enseignement menacent quant à eux de boycotter la rentrée scolaire, prévue le 8 septembre, pour marquer leur opposition. Pour la première fois depuis plusieurs années, des représentants syndicaux issus de différents secteurs se sont unis autour de revendications communes, appelant à des salaires décents et à un partage équitable du poids budgétaire imposé par le gouvernement pour réduire le déficit. Les étudiants, eux aussi affectés, dénoncent des mesures qui compromettent leur niveau de vie. Parallèlement, des professionnels de santé, des transports ferroviaires, de la sylviculture ainsi que des forces de défense et d’ordre public ont participé aux manifestations. Les magistrats, mécontents des réformes touchant l’âge de départ à la retraite et le calcul du montant de leurs pensions, ont pris des mesures inédites : les procureurs de 31 parquets du pays ont suspendu leurs activités, ne traitant désormais que les dossiers urgents.
La Roumanie sur le devant de la scène classique internationale
Dans ce contexte de troubles sociaux, la 27e édition du Festival international de musique classique « George Enescu », l’un des plus importants festivals de ce genre au monde, a débuté à Bucarest. Pendant quatre semaines, jusqu’au 21 septembre 2025, la capitale roumaine est le centre mondial de la musique classique et rassemble plus de 4 000 artistes de 28 pays, pour plus de 100 concerts. Cette année, le festival célèbre les 70 ans de la disparition du grand compositeur roumain George Enescu et propose, sous la direction artistique du chef d’orchestre Cristian Măcelaru, une édition fondée sur trois piliers : la tradition d’Enescu, l’innovation artistique et l’ouverture aux nouvelles générations. Le festival propose également des nouveautés, du lancement des cycles de concerts « Enescu in Control » et « Enescu Immersive Experience », au retour de l’opéra et du ballet dans son programme. Programme qui comprend également des concerts, des expositions, des récitals et des spectacles qui ont lieu dans plusieurs villes de Roumanie, dont Iași, Cluj-Napoca, Timișoara, Sibiu, Brașov, Constanța, et bien d’autres encore.