Alertes à la bombe et guerre hybride
Des dizaines de vols ont été visés jeudi et vendredi par des alertes à la bombe qui se sont avérées fausses à travers l’Europe, y compris en Roumanie.
Roxana Vasile, 06.11.2026, 13:51
Des alertes supplémentaires à la bombe ont visé des avions sur l’aéroport le plus important de Roumanie, Bucarest Otopeni – a annoncé jeudi en soirée le Service roumain d’informations, soit les renseignements généraux. Une alerte a visé un vol opéré par KLM à destination de Tel Aviv qui devait faire escale à Bucarest. Les pilotes ont demandé aux autorités d’effectuer un contrôle pyrotechnique, après quoi le SRI a annoncé qu’aucun engin explosif ne se trouvait à bord de l’aéronef. Une autre alerte n’a pas visé spécifiquement un certain vol et aucune mesure supplémentaire de sécurité n’a été adoptée, selon les renseignements généraux. Ces deux épisodes sont intervenus en soirée, à la fin d’une journée pas comme les autres à Otopeni. Une cellule de crise a été instituée à midi, suite à une alerte à la bombe visant un vol Wizz air en provenance de Milan. Les 182 voyageurs et 7 membres de l’équipage ont été rapidement débarqués de l’avion et une équipe de pyrotechniciens du Service roumain d’informations a vérifié l’aéronef. La menace n’a pas été confirmée et l’activité aéroportuaire s’est poursuivie normalement. Quelques heures après, vers 15 h, une nouvelle alerte a visé un vol d’Air Serbia en provenance de Belgrade. Ce fut une nouvelle fausse alerte. Ce vendredi encore, un avion de la compagnie nationale Tarom, transportant 102 passagers et effectuant la liaison Prague-Bucarest (aéroport d’Otopeni), a été la cible d’une fausse alerte à la bombe aujourd’hui. L’appareil a atterri sans encombre dans la capitale et l’alerte s’est avérée infondée.
Une vague de fausses alertes à la bombe à travers l’Europe
Bucarest s’inscrit donc dans une vague de fausses menaces à la bombe qui a touché une vingtaine de vols, ainsi que des aéroports de plusieurs Etats européens : Autriche, Belgique, Bulgarie, République Tchèque, Danemark, France, Italie et Pologne. Mardi, plusieurs alertes avaient conduit à l’activation de plusieurs dispositifs sécuritaires étendus. Conformément à l’AFP, ces alertes a la bombe s’inscrivent dans un contexte de recrudescence des attaques hybrides en Europe, pour certaines liées par les autorités ou les chercheurs a la Russie et, parfois, a l’Iran. En Italie comme en Bulgarie, l’alerte a été déclenchée par un courriel envoyé aux aéroports de Rome et de Sofia ainsi qu’a diverses adresses mails leur étant liées par « les combattants de l’État masculin ». ll existe en Russie un mouvement d’extrême droite appelé « État masculin » (Moujskoe gossoudarstvo), mais l’AFP n’a pas pu confirmer s’il était a l’origine du message. « Male State » est un mouvement radical d’extrême droite, pas nazi, mais qui utilise la symbolique nazie. Une experte citée par l’AFP affirme qu’avant l’invasion russe de l’Ukraine, soit en octobre 2021, le mouvement a été désigné organisation extrémiste par la justice russe mais on ignore aujourd’hui son degré d’articulation avec le pouvoir.
Des agences européennes réagissent
Dans ce contexte, l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne, a annoncé qu’elle continuerait à suivre les évolutions et à évaluer les possibles implications sur la sécurité de l’aviation qui pourraient découler de telles menaces. Et l’adjoint au porte parole d’Europol a déclaré que l’institution qu’il représente était prête à soutenir les autorités nationale, sur leur demande, si les menaces s’avèrent liées à la criminalité organisée ou au terrorisme. Ce soutient inclut la simplification de l’échange d’informations et l’identification de possibles connexions entre différents pays.