Trois suspects dans une affaire de sabotages au service de la Russie
Trois ressortissants étrangers sont accusés de sabotage contre la Roumanie, coordonné par la Russie
Ştefan Stoica, 27.10.2026, 11:20
Le parquet antimafia et antiterroriste roumain (DIICOT) et les services de renseignement (SRI) ont annoncé avoir identifié trois ressortissants étrangers — deux Biélorusses et un Ukrainien, résidant dans des États membres de l’Union européenne — soupçonnés d’appartenir à un réseau de sabotage piloté depuis la Russie. Ils seraient impliqués dans l’explosion et l’incendie survenus le mois dernier sur un site industriel de Brașov, dans le centre de la Roumanie, appartenant à Romarm, l’entreprise publique et principal fabricant roumain d’équipements militaires. La justice roumaine a émis des mandats d’arrêt européens à leur encontre. Deux suspects ont été localisés et placés en détention provisoire en Allemagne, grâce à la coopération internationale, alors qu’ils s’apprêtaient, selon la DIICOT, à commettre de nouveaux actes similaires. Un troisième mandat d’arrêt européen a été délivré lundi contre un suspect résidant en Pologne. L’enquête se poursuit, notamment pour tentative de détournement de fonds, tandis que les procédures en vue de leur remise aux autorités roumaines sont en cours. Selon la DIICOT, le réseau avait également ciblé d’autres sites en Roumanie et dans plusieurs pays de l’UE. Face à la multiplication des opérations de guerre hybride et à l’évolution des menaces asymétriques susceptibles de compromettre l’ordre public ou de viser des infrastructures stratégiques, les autorités roumaines affirment maintenir une surveillance constante des risques.
Des opérations de sabotage au service de la guerre hybride russe
Selon le Service roumain de renseignement (SRI), les missions confiées à ce réseau ne se limitaient pas au territoire roumain. Ses commanditaires lui auraient transmis une liste étendue de cibles dans la région, comprenant des installations publiques et privées de production d’armements ainsi que d’autres infrastructures présentant un intérêt militaro-industriel. Les enquêtes menées cette année ont également révélé d’autres tentatives visant des sites en Roumanie, notamment des installations militaires internationales et des centres d’entraînement des forces armées ukrainiennes, précise le SRI. Ces opérations viseraient à intimider les États concernés, à fragiliser leurs capacités de défense et à réduire leur contribution à la sécurité européenne et régionale. Le renseignement roumain souligne que le recrutement des exécutants s’effectue généralement sur les réseaux sociaux. Les premières sollicitations consistent à proposer une rémunération pour des missions apparemment mineures, comme surveiller un site ou photographier une cible. Les tâches confiées deviennent ensuite progressivement plus graves, jusqu’à des actes de destruction, des incendies criminels, voire des assassinats. Les recruteurs chercheraient notamment à exploiter les difficultés financières, les addictions ou les antécédents judiciaires des personnes approchées. La Roumanie n’est pas le seul pays européen confronté à ce type d’opérations, que les institutions spécialisées inscrivent dans la stratégie de guerre hybride menée par Moscou. L’Allemagne a, elle aussi, récemment ouvert plusieurs enquêtes et procédé à des arrestations dans des affaires de sabotage présumé visant des infrastructures critiques, le réseau énergétique, des installations militaires et des liaisons internationales.