Des discussions des chefs des diplomaties roumaine et ukrainienne
Bucarest et Kiev évoquent la responsabilité commune de préserver la sécurité en mer Noire.
Bogdan Matei, 12.06.2026, 12:38
Lors d’une conversation téléphonique avec son homologue de Kiev, Andrii Sîbiga, la cheffe de la diplomatie roumaine par intérim, Oana Ţoiu, a montré la préoccupation de la Roumanie envers la propagation dans les pays voisins de l’Ukraine des effets de la guerre menée par la Russie. Dans un message sur X et repris par les médias autochtones, la responsable de Bucarest a réitéré la condamnation par la Roumanie de l’agression russe, ainsi que l’engagement commun en faveur d’un cessez-le-feu et d’une paix durable.
Une amélioration des mécanismes d’alerte précoce
Lors de cette conversation par téléphone, Mme. Ţoiu a été assurée quant à la volonté de Kiev de faire tous les efforts nécessaires pour une gestion commune des risques transfrontaliers engendrés par l’agression russe. La ministre roumaine a également évoqué l’importance d’une amélioration des mécanismes d’alerte précoce et de sensibilisation à la situation sur le terrain, ainsi que la responsabilité commune de maintenir la sécurité en mer Noire. Les pourparlers des deux chefs de diplomatie ont eu lieu une semaine après qu’un drone maritime ukrainien s’est autodétruit dans le port roumain de Constanta. Le drone, surpris par les habitants de la ville avant l’explosion, aurait été « perturbé » par le brouillage russe.
Une charge utile de 320 kg d’explosifs
Selon les experts, l’engin semble être un modèle MAGURA, de 5,5 mètres de long et 1,5 mètres de large et doté d’un profil hydrodynamique à faible signature radar, ce qui le rend difficilement détectable. Il peut atteindre une vitesse maximale de 78 km/h et offre une autonomie allant jusqu’à 800 kilomètres. Il peut transporter une charge utile de 320 kg d’explosifs. À ce jour, ces drones ont endommagé ou coulé 17 navires de guerre russes. En d’autres termes, notent les experts, s’il avait atteint les côtes à Constanța, il aurait causé des ravages.
Antérieurement, un autre drone, cette fois-ci russe, s’était déjà écrasé sur un immeuble de Galati, ville-port sur le Danube, près de la frontière avec l’Ukraine. L’explosion a blessé une mère et son fils mineur et provoqué des dégâts matériels.
Hausse du trafic illégal sur la frontière roumano-ukrainienne
Suite à cet incident et à la demande de Roumanie, le Conseil de sécurité de l’ONU, le Forum de coopération dans le domaine de la Sécurité et le Conseil permanent de l’OSCE se sont réunis. Selon les experts, ces réunions servent à condamner fermement la Russie sans qu’elles puissent changer la situation sur le front. Or, avec 650 kilomètres de frontière commune, la Roumanie devient victime collatérale de cette guerre. La presse de Bucarest note que la frontière roumano-ukrainienne reflète les effets de cette invasion sur toute sa longueur. Et les risques ne sont pas que militaires, mais aussi humanitaires, logistiques et criminogènes. Le trafic illégal connaît une hausse alarmante, notamment en raison des restrictions imposées aux hommes ukrainiens en âge d’être mobilisés, et les tentatives de passage clandestin de ceux qui veulent fuir l’armée et le front nécessitent des patrouilles et des équipements supplémentaires.