La consommation a tempéré sa baisse
Les tensions politiques amplifient les incertitudes dans l’économie roumaine.
Bogdan Matei, 08.05.2026, 14:19
TVA majoré, taxes et impôts locaux triples, inflation record pour un Etat membre de l’UE, une multitude de PMEs en faillite, des licenciements collectifs aux grandes entreprises, des fluctuations permanentes sur le marché des carburants et sur le marché des changes – rien n’a encouragé ces derniers temps, l’appétit des Roumains pour la consommation. Sa baisse a connu un ralentissement au mois de mars par rapport aux évolutions des deux premiers mois de cette année.
Pourtant, cela fait huit mois déjà que les Roumains consomment moins
Selon les chiffres fournis par l’Institut national de la statistique, tenant compte du nombre de jours ouvrables et en éliminant les influences périodiques prévisibles, telles que les jours fériés, les conditions météorologiques ou les vacances, les affaires du secteur du commerce ont baissé au mois de mars de 3,2% par rapport à la période similaire de 2025, mais ont augmenté de 2,6 % par rapport à février. La baisse a été déterminée par la réduction des ventes de produits non-alimentaires de 7,4% et de celle des denrées et des boissons de 3%. L’office communautaire des statistiques Eurostat a également annoncé que la Roumanie et l’Allemagne étaient les seuls Etats membres de l’UE à avoir enregistré au mois de mars une baisse du volume du commerce en détail.
Des conséquences économiques de la chute du gouvernement
Après la destitution, par motion de censure, du gouvernement minoritaire réunissant le Parti national libéral, l’Union sauvez la Roumanie et l’Union démocrate magyare de Roumanie, dirigée par le libéral Ilie Bolojan, le climat politique est empreint d’incertitudes, qui accentuent les pressions économiques. Le leu, la monnaie nationale, s’est très légèrement apprécié jeudi face à l’euro, pour la première fois en une semaine. Mercredi, il avait atteint un plus bas historique, à près de 5,3 lei pour un euro. Le porte-parole de la Banque nationale, Dan Suciu, prévient que le taux de change du leu connaîtra une période de forte volatilité et affirme que tout dépend de la classe politique.
Dan Suciu : « Nous traversons une période d’instabilité, qui se ressent sur les marchés ; c’est une période de fortes turbulences. Les marchés attendent de nombreuses réponses concernant la situation politique et financière en Roumanie. Durant les prochains mois, nous assisterons probablement à des fluctuations du taux de change, sans doute à la hausse comme à la baisse, mais tant que nous n’aurons pas de réponses claires concernant la stabilité politique et financière de la Roumanie, les tensions risquent de persister. Nous sommes confrontés à cette situation et nous essayons de la gérer à la Banque nationale avec tous les moyens dont nous disposons. Et pourtant, les solutions pour apaiser les marchés ne se trouvent pas à la Banque nationale. Nous ne pouvons pas avancer de chiffres ni fixer de niveaux ; nous devons trouver un équilibre optimal compte tenu de la situation actuelle, en tenant compte de toutes nos ressources et des contraintes auxquelles nous sommes soumis, notamment celles liées, comme je le disais, à la recherche d’une réponse à la question de la gouvernance et de la stabilité politico-financière. » a déclaré le porte parole de la Banque centrale roumaine.
Entre temps, les responsables politiques admettent ne pas avoir identifié jusqu’ici une formule gouvernementale capable d’administrer le pays.