La Déclaration de Tirana est adoptée
La Roumanie a adopté la Déclaration ministérielle de Tirana lors de la réunion du Corridor VIII
Daniela Budu, 24.02.2026, 12:35
La Roumanie a adopté, aux côtés de l’Albanie, de la Bulgarie, de l’Italie et de la Macédoine du Nord, la Déclaration ministérielle de Tirana, lors d’une réunion consacrée au Corridor VIII. Pour précision, le Corridor VIII est un projet de corridor paneuropéen multimodal (routier et ferroviaire) de 1 500 km reliant la mer Adriatique (Durrës, Albanie) à la mer Noire (Varna, Bulgarie) via la Macédoine du Nord.
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères de Bucarest, par cette déclaration, les cinq Etats réaffirment l’importance politique, économique et stratégique du projet, qui vise à remédier les carences de connectivité en Europe du Sud-Est. La déclaration souligne également l’importance de la mer Noire et des Balkans occidentaux en tant que zones économiques présentant un fort potentiel de développement. Selon le ministère le Corridor VIII joue un rôle clé en facilitant les flux commerciaux et en améliorant les chaînes d’approvisionnement régionales et européennes.
Tant le secteur privé, que les communautés locales bénéficient du développement du Corridor, qui renforce la résilience des économies régionales et créé des opportunités d’investissement, souligne également le ministère.
Parallèlement, le Corridor VIII améliore la mobilité militaire, contribuant ainsi aux efforts de consolidation du Flanc oriental et à la coopération OTAN-UE.
Les cinq Etats mentionnés se sont donc engagés à valoriser les instruments financiers dédiés de l’Union européenne pour faire de ce projet un axe européen de sécurité et de prospérité.
« La participation de la Roumanie à cette réunion s’inscrit dans le cadre des efforts soutenus déployés par notre pays pour consolider la sécurité sur le Flanc oriental et faire croître la prospérité nationale et locale, grâce au développement de projets d’intérêt stratégique », indique également le ministère des Affaires étrangères de Bucarest.
Rappelons-le, la Roumanie a rejoint le projet en 2024, deux ans après le début de la guerre en Ukraine voisine, lorsque la mobilité militaire sur ce corridor est devenue une priorité. Elle a officiellement signé la lettre d’intention d’adhésion, à l’occasion de la réunion des ministres de la Défense des Etats membres de l’OTAN à Bruxelles.
Le projet prévoit l’interconnexion du port de Constanta avec les ports de Varna et de Bourgas en Bulgarie par le biais d’infrastructures du type « dual use » (à double usage) à savoir civil et militaire, d’où l’interconnexion continue vers l’Italie.
Les corridors de mobilité militaire visent à créer un réseau d’axes principaux conçus pour simplifier et accélérer le déploiement des forces, des équipements et du matériel militaire, tant en temps de paix qu’en situation de crise ou de conflit. Les troupes de l’OTAN débarquant dans les ports italiens de Bari ou Brindisi peuvent traverser les Balkans plus rapidement pour rejoindre le Flanc oriental de l’Alliance, dont notamment les bases militaires de Roumanie. Visant à améliorer la connectivité, faciliter le commerce et garantir la mobilité militaire dans la région, ce corridor s’avère crucial pour la sécurité régionale et pour le développement économique. Il est officiellement reconnu comme un projet d’importance stratégique.