La République de Moldova, prête pour des négociations d’adhésion à l’UE
Les responsables politiques pro-occidentaux à Chisinau poursuivent l’itinéraire menant à l’intégration européenne de la République de Moldova.
Bogdan Matei, 20.05.2026, 13:39
La République de Moldavie est prête à entamer toutes les négociations d’adhésion à l’Union européenne et espère que les institutions communautaires et les États membres trouvent une solution pour ouvrir des négociations formelles fin juin, à l’issue du mandat de l’actuelle présidence chypriote du Conseil – a déclaré la cheffe de l’ex-république soviétique, Maia Sandu, à l’issue de sa rencontre à Strasbourg avec la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.
« Nous sommes prêts à entamer des négociations pour tous les groupes sectoriels, et ce depuis un certain temps. La Commission et le Conseil l’ont reconnu, et l’ouverture officielle de ces négociations permettra à la République de Moldavie de passer aux prochaines étapes. Il nous reste encore beaucoup à faire, mais nous souhaitons que le passage à la prochaine étape nous soit permis», a déclaré la présidente Maia Sandu, citée par les médias de Chișinău.
La place de la République de Moldavie est au sein de l’UE
« Notre message reste très clair aujourd’hui : la place de la République de Moldavie est au sein de l’Union européenne, et vous pouvez compter sur le Parlement européen comme un allié indéfectible pour transformer cette aspiration en réalité», déclare Roberta Metsola.
Elle salue la détermination de cette république située à la frontière orientale de l’Union, enclave entre la Roumanie et l’Ukraine envahie par les troupes de Moscou, à progresser vers l’adhésion, malgré les ingérences et les tentatives de déstabilisation constantes de la Russie. Le Parlement européen estime que le moment est venu d’accélérer les négociations d’adhésion, car le rapprochement de la République de Moldavie renforce notre Union, conclut la responsable européenne.
Malgré des progrès énormes, il reste beaucoup à faire pour la Moldavie
Elle n’est pas la première responsable européenne à affirmer que le régime pro-occidental actuel de Chișinău, grâce aux réformes qu’il a constamment mises en œuvre, a fait de la Moldavie un des pays candidats à l’adhésion les plus performants, qu’ils soient issus de l’ex-espace soviétique ou des Balkans occidentaux. Techniquement, il reste cependant beaucoup à faire pour que la République de Moldavie, occupée par Moscou pendant plus d’un demi-siècle (de 1940 à 1991), remplisse les normes européennes.
La solution de la question de la Transnistrie est essentielle pour Chisinau.
Le vice-Premier ministre chargé de la Réintégration au sein du gouvernement de Chișinău, Valeriu Chiveri, reconnaît lui-même la complexité du problème que constitue le statut de la Transnistrie, région séparatiste pro-russe qui a de facto échappé au contrôle des autorités centrales en 1992, après un conflit armé ayant fait des centaines de morts et réprimé par l’intervention des troupes russes du côtés des rebelles. « La République de Moldavie ne souhaite pas une intégration partielle, mais elle n’accepte pas non plus que le règlement du conflit en Transnistrie devienne une condition préalable à son adhésion à l’Union européenne », a déclaré M. Chiveri à la presse bruxelloise. Et il rappelle que le règlement de la question de la Transnistrie dépend de nombreux facteurs, qui ne concernent pas seulement Chișinău : la volonté politique des séparatistes, l’influence de Moscou, la présence militaire russe illégale dans la région et l’évolution de la guerre en Ukraine.