La ministre des Affaires étrangères auditionnée au Parlement
La situation des Roumains immobilisés au Moyen-Orient est au cœur des préoccupations des responsables politiques à Bucarest
Bogdan Matei, 12.03.2026, 12:51
Le nouveau conflit au Moyen-Orient perturbe non seulement la géopolitique mondiale et le marché mondial des hydrocarbures, mais aussi la scène politique roumaine, déjà très tendue. Mercredi, la cheffe de la diplomatie à Bucarest, OanaŢoiu (de l’Union Sauvez la Roumanie), s’est présentée devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des députés pour offrir des explications sur le rapatriement des Roumains des zones touchées par le conflit. Auparavant, le président du Parti Social Démocrate (parti de coalition qui forme le gouvernement), SorinGrindeanu, avait demandé au Premier ministre du Parti National Libéral, Ilie Bolojan, d’organiser une commission de contrôle au ministère des Affaires étrangères afin de vérifier la situation concernant le rapatriement des Roumains se trouvant dans le Moyen-Orient. Lors de son audition, la ministre des Affaires étrangères a déclaré que la Roumanie avait occupé tous les sièges qui lui étaient réservés sur les vols d’évacuation européens et que les personnes les plus vulnérables avaient toujours été prioritaires. La ministre OanaȚoiu a ajouté que certaines personnes continuaientde choisir des voyages dans des zones sensibles et elle a appelé à la responsabilité. Certes, chaque citoyen a le droit d’organiser ses vacances, ses voyages, ses déplacements professionnels, mais cela comporte un risque important, a-t-elle averti. Pendant les trois heures d’audition de la ministre des Affaires étrangères par les membres de la commission, le consul général de Roumanie aux Emirats arabes unis, Viorel RiceardBadea, était également présent en ligne, mais aucun député n’a souhaité lui poser de questions.
Ces derniers jours, les noms de OanaȚoiu et de Viorel RiceardBadea ont été mentionnés dans la presse locale, dans le contexte d’un scandale qui, mercredi également, a connu un nouvel épisode. L’un des avocats les plus médiatisés du barreau de Bucarest, Adrian Cuculis, a annoncé avoir porté plainte auprès de la Direction nationale anticorruption contre OanaȚoiu, qu’il accuse d’être intervenue pour empêcher le rapatriement, depuis Dubaï, de la fille de l’ancien Premier ministre social-démocrate Victor Ponta.
Cette plainte fait suite aux déclarations, la semaine dernière, de M Ponta et de son ex-épouse, l’ancienne eurodéputée du Parti Social Démocrate DacianaSârbu, selon lesquelles leur fille Irina, encore mineure, aurait été retirée de la liste des passagers de l’avion qui devait rapatrier une trentaine d’enfants roumains. DacianaSârbu affirme qu’Irina Ponta a été débarquée du bus qui conduisait les enfants à l’aéroport tout simplement à cause de son nom. Les réseaux sociaux et les chaînes d’information du pays se sont immédiatement enflammés. Deux camps se sont formés, accusant avec véhémence les protagonistes de la dispute. Certains prétendent que OanaȚoiu n’a aucune compétence diplomatique et que les moqueries dont la jeune fille a été victime ne font que trahir des ressentiments envers son père. Par contre les autres insistent sur le fait que Victor Ponta, celui qui a démissionné de son poste de Premier ministre en 2015, au milieu d’une vague de manifestations, qui a fréquemment changé de camp politique et qui s’est présenté sans succès à la présidence à deux reprises, est loin d’être un personnage crédible.