Le féminicide, criminalisé par le Parlement
Le Parlement de Bucarest a adopté une loi visant à prévenir et à combattre les féminicides
Roxana Vasile, 26.03.2026, 12:52
Cela fait plusieurs années déjà qu’en Roumanie le nombre de féminicides médiatisés ne cesse d’augmenter. Selon les statistiques, en 2025, presque chaque semaine, au moins une femme a été tuée, le plus souvent par son conjoint. Parallèlement sur les 11 000 ordonnancesprotection temporaires émises par les autorités, pas moins de 4 000 ont été violées, notamment à cause d’une sanction insuffisante des violences commises contre les femmes, sur un fondde culpabilisation des victimes. Les spécialistes du domaine ont souligné que la responsabilité ne devait jamais être transféréeaux victimes et que l’Etat devait leur assurer une véritable protection et information.
Prévenir et punir les féminicides
De nombreuses ONG ont également appelé à des actions concrètes pour prévenir les violences conjugales. Leur principale demande était que le féminicide soit reconnu comme un crime à part entière, défini comme le meurtre d’une femme pour des raisons liées à son genre, c’est-à-dire un crime commis simplement parce que la victime est une femme.
« La société entière a constaté l’incapacité des autorités à garantir la sécurité des femmes. Dans les cas de féminicide, il y avait un antécédent de violence, parfois connu par les autorités ou de la communauté, et ces féminicides auraient pu être évités », ont déclaré les ONG dans un communiqué l’année dernière.
Mercredi, le Parlement de Bucarest a adopté la loi visant à prévenir et à combattre le phénomène. Le texte définit le féminicide comme « le meurtre intentionnel d’une femme ou sa mort à la suite d’un crime intentionnel commis contre elle ».
Adoptée par la Chambre des députés, Chambre décisionnelle, la loi introduit également des circonstances aggravantes clairement définies, permettant des sanctions plus sévères pour ces actes, et renforce la protection des enfants victimes, obligeant les autorités à identifier et à mettre en œuvre des mesures de protection pour les mineurs concernés.
Enfin, elle vise à sensibiliser les enfants à la prévention des comportements abusifs, en intégrant, pour la première fois, l’égalité des genres dans les programmes scolaires.
La députée Parti Social Démocrate Silvia Mihalcea a souligné que ce projet était une question de vie ou de responsabilité :
« La cruelle et tragique réalité est que les victimes de cette violence extrême sont en grande majorité des femmes. »
De son côté, la députée Parti National Libéral AlinaGorghiu a indiqué que les fonds nécessaires à l’achat de bracelets électroniques étaient déjà inscrits au budget du ministère de l’Intérieur pour cette année.
« Nous avons suffisamment de bracelets pour les victimes, il suffit de les convaincre d’en demander, car la surveillance des agresseurs sauve des vies. »
Le texte normatif est actuellement soumis à la promulgation par le président de la Roumanie.