Le modèle économique roumain doit être réformé
La Roumanie doit entrer dans une nouvelle phase de développement qui ne repose plus ni sur une main-d'œuvre moins chère, ni sur les fonds européens ni sur l'argent envoyé par les Roumains de la diaspora, souligne le gouvernement de Bucarest
Sorin Iordan, 02.04.2026, 13:00
La Roumanie a fait des progrès considérables ces vingt dernières années, mais son modèle de croissance, fondé sur un faible coût du travail, l’absorption des fonds européens et les transferts d’argent des Roumains travaillant à l’étranger, a atteint ses limites. C’est ce qu’a déclaré la vice-Première ministre OanaGheorghiu. Une partie des fonds européens disparaîtra cette année à cause de la fin du Plan National de Relance et de Résilience le 31 août. Quant aux transferts de fonds de la diaspora, qui ont dépassé les 52 milliards d’euros ces dix dernières années, ils diminuent chaque année face à l’augmentation du coût de la vie en Europe.
Sur cette toile de fond, selon la vice-Première ministre roumaine, l’Etat doit prendre des mesures importantes pour réformer ses structures et c’est pourquoi il a absolument besoin de financement.
OanaGheorghiu : « La Roumanie a besoin d’investissements et de capitaux étrangers. Pour cela, à mon avis l’Etat doit accomplir trois aspects essentiels : réformer les entreprises publiques, adhérer à l’OCDE et appliquer les enseignements de cette organisation. Le troisième élément est la stabilité et la discipline budgétaire. Les capitaux étrangers ne s’intéressent pas seulement aux opportunités, mais aussi à la stabilité et aux risques. Dans ce domaine, la Roumanie a encore un long chemin à parcourir. »
Adhésion à l’OCDE
Concernant l’adhésion de la Roumanie à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Bucarest a annoncé que ce processus serait finalisé cette année. Le coordinateur de l’adhésion, le diplomate Luca Niculescu, a expliqué que l’adhésion à l’OCDE apporterait une série d’avantages majeurs.
Luca Niculescu : « Davantage d’investissements étrangers et des investissements de meilleure qualité, car de grands fonds d’investissements s’intéressent exclusivement aux pays membres de l’OCDE, l’accès aux meilleures données et statistiques au monde ; une plus grande visibilité, car nous nous retrouverons à la même table non seulement avec les pays européens, mais aussi avec de nombreux autres Etats du monde, j’ajouterais aussi une plus grande influence de la Roumanie à l’échelle mondiale. »
Avant son adhésion à l’OCDE, la Roumanie doit cependant traverser une période d’incertitudes. Selon le ministre des Finances, AlexandruNazare, la véritable épreuve de son leadership économique réside dans sa capacité à maintenir la trajectoire budgétaire et les objectifs de déficit fixés au niveau international, sans engendrer ni des difficultés pour les entreprises ni des chocs sociaux.
Le problème pour l’exécutif de Bucarest est que les mesures adoptées pour équilibrer l’économie et réduire le déficit budgétaire record provoquent des mécontentements. Des milliers de personnes ont protesté ces derniers jours à travers le pays. Parmi elles, les ouvriers des chantiers navals Damen Mangalia, qui n’ont pas été payés depuis trois mois, les mineurs de Lupeni, mécontents du fait que leurs contrats à durée déterminée avaient été prolongés de seulement quatre mois, ainsi que lestravailleurs des usines chimiques Azomureș, qui craignent de perdre leur emplois, alors que ces usines sont en cours de rachat.
Tout cela se déroule dans un contexte de hausse des prix due à l’augmentation des prix des carburants, et dans un pays qui figure parmi les plus pauvres d’Europe en termes de revenus, avec le troisième SMIC le plus bas (795 euros) et le deuxième coût horaire moyen du travail le plus bas (13,6 euros).