Le PSD refuse de voter en faveur du gouvernement de Siegfried Mureșan
Nouvelle impasse dans les négociations visant à former une majorité stable pour soutenir le gouvernement Mureșan : le Parti social-démocrate et le parti d’extrême droite ultranationaliste AUR ont annoncé qu'ils ne le soutiendraient pas, tandis que l'Union démocrate magyare de Roumanie est prête à retirer son soutien si l'investiture devait être obtenue grâce aux voix des partis extrémistes.
Corina Cristea, 22.09.2026, 10:36
À l’issue d’une réunion de deux heures, le PSD – parti d’opposition qui détient le plus grand nombre de députés au Parlement de Bucarest – a annoncé qu’il ne voterait pas en faveur du gouvernement que tente de former le député européen libéral Siegfried Mureșan. Un gouvernement « Bolojan 2.0 », comme l’a qualifié le chef de file social-démocrate Sorin Grindeanu. Le mécontentement face aux politiques d’Ilie Bolojan est d’ailleurs ce qui a poussé les sociaux-démocrates à quitter, au printemps dernier, la coalition gouvernementale qu’il formait aux côtés du Parti national libéral, de l’Union Sauvez la Roumanie et de l’Union démocrate magyare de Roumanie, et à déposer la motion de censure qui a entraîné la chute de l’Exécutif. Le président du PSD affirme que son parti ne soutiendra pas un gouvernement qui souhaite poursuivre la ligne engagée par Ilie Bolojan, mais qu’il est disposé à discuter avec Siegfried Mureşan si ce dernier intègre dans son programme les recommandations du « décalogue social-démocrate » de Sinaia. Sorin Grindeanu :
« S’il souhaite que nous discutions, qu’il nous explique comment il compte intégrer dans le programme de gouvernement les dix recommandations que nous avons votées, qui forment le décalogue de Sinaia. Je n’ai rien entendu de la part de Siegfried Mureşan à ce sujet depuis sa nomination, qui laisse entendre qu’il prendra ne serait-ce qu’en considération les propositions du PSD. Ce qui nous intéresse avant tout, ce sont les politiques en faveur des Roumains. » a conclu Sorin Grindeanu.
Réaction du Premier ministre désigné
Dans une première réaction publiée sur un réseau social, le Premier ministre désigné a affirmé que le PSD ne souhaitait pas résoudre la crise politique que traverse le pays, puisqu’il a décidé de ne pas soutenir son gouvernement avant d’avoir pris connaissance du programme de gouvernement et sans qu’il y ait eu de dialogue sur les priorités du pays. Siegfried Mureşan est toutefois déterminé à présenter au Parlement le programme de gouvernement et la liste des ministres, même s’il ne parvient pas d’ici là à rassembler les 233 voix nécessaires à son investiture :
« Nous irons au vote au Parlement pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour que les citoyens sachent ce que nous proposons pour la Roumanie. Un État nouveau et moderne. Une administration publique centrale réformée et plus efficace. Une administration locale plus efficace, la restructuration des entreprises publiques. Deuxièmement, pour montrer aux citoyens comment vote chaque député, chaque groupe parlementaire. Et troisièmement, par respect pour la Constitution roumaine et pour le président, une procédure de nomination doit être traitée avec sérieux. » a déclaré de son côté le Premier ministre désigné.
Il manque encore 64 voix à Siegfried Mureșan pour faire adopter son gouvernement au Parlement, les trois partis qui le soutiennent totalisant 169 voix. La tâche s’annonce presque impossible, d’autant plus que l’UDMR est prête à retirer son soutien si l’investiture devait être obtenue grâce aux voix des partis extrémistes. La plus importante d’entre elles, le parti ultranationaliste l’Alliance pour l’union des Roumains, exclue des négociations, a réaffirmé qu’elle ne voterait pas en faveur d’un gouvernement dont elle ne ferait pas partie et insiste sur le fait que la seule solution pour sortir de l’impasse réside dans la tenue d’élections anticipées.