Les déclarations du gouverneur de la Banque centrale roumaine
Une fois intégrée l'OCDE, la Roumanie pourra passer à son prochain objectif, à savoir l’adoption de l'euro, a déclaré le gouverneur de la Banque nationale de Roumanie, Mugur Isărescu.
Ştefan Stoica, 03.04.2026, 13:20
Il est assez rare que le gouverneur de longue date de la Banque centrale de Roumanie, M. Mugur Isărescu, s’exprime en public et s’il le fait, c’est notamment sur des questions fiscales, budgétaires et économiques, qui relèvent de ses attributions. Il évite de se montrer moralisateur, mais ne cherche pas non plus à dissimuler ou à édulcorer les problèmes auxquels la Roumanie se confronte. Une réunion entre des experts de la Banque centrale et des universitaires issus du domaine économique, organisée dans l’actuel contexte géopolitique compliqué, qui s’accompagne de graves conséquences économiques, s’est donc avérée une bonne occasion pour Isărescu de dresser l’inventaire des problèmes qui touchent le pays.
L’escalade des tensions au Moyen-Orient a déjà des effets visibles
Le thème de notre réunion, à savoir les risques et les opportunités du système bancaire roumain, montre les préoccupations actuelles du milieu économique et financier dans un contexte international instable et difficile à anticiper, a déclaré le gouverneur de la BNR. Selon lui, l’escalade des tensions au Moyen-Orient a déjà eu des effets visibles sur les marchés de l’énergie et continue d’amplifier la volatilité des marchés financiers internationaux. Par ailleurs, les tensions commerciales entre les grandes économies et les tendances de plus en plus marquées à la fragmentation économique contribuent à maintenir un climat mondial placé sous le signe de l’incertitude, estime M. Isărescu.
Avoir une éducation financière
Pour l’économie roumaine – a souligné le gouverneur de la BNR –, toutes ces évolutions externes viennent s’ajouter aux vulnérabilités internes déjà connues, telles que la persistance des déficits jumeaux, à savoir celui budgétaire et celui du compte courant. Mugur Isărescu a plaidé en faveur d’une éducation financière. La raison en est qu’une société mieux préparée sur le plan financier est plus à même de comprendre les évolutions et les tendances économiques, de gérer les chocs inattendus et de contribuer au maintien de la stabilité financière. La Roumanie, d’autre part, a déjà un projet national représenté par son adhésion à l’OCDE, qui est entrée dans sa phase finale, et le prochain objectif stratégique sera le passage à l’euro, a annoncé Mugur Isărescu.
Prochain projet : l’adoption de l’euro
Cela ne se produira toutefois qu’après le rééquilibrage de l’économie et la diminution du déficit budgétaire, a-t-il déclaré. Mugur Isărescu a insisté sur le fait que la mise en place des critères nominaux obligatoires pour l’adoption de l’euro se fasse de manière durable. En 2015, la Roumanie était sur le point d’atteindre tous ces critères, a-t-il rappelé, mais depuis 2016, les politiques publiques et les pressions sociales ont éloigné le pays de cet objectif. Et aujourd’hui, nous sommes confrontés au même problème concernant le respect des critères nominaux, à savoir les pressions exercées par l’économie réelle et par les régions les plus pauvres du pays, a déclaré Mugur Isărescu. Selon lui, les disputes entre les partis reflètent précisément ces réalités. Le projet d’adhésion à l’euro a déjà été annoncé par le président roumain, mais il doit être bien préparé, a affirmé M. Isărescu. Selon le gouverneur de la BNR, l’avenir du système financier roumain dépend, dans une large mesure, de la capacité du pays à investir, dès aujourd’hui, dans l’éducation, la performance et des partenariats solides.