Perspectives sur l’évolution de l’économie roumaine
La Roumanie a évité, au moins sur le plan statistique, la récession technique durant la première moitié de l’année, selon les chiffres publiés lundi par l’Institut national de la statistique de Bucarest.
Corina Cristea, 08.09.2026, 13:36
L’économie de la Roumanie a stagné durant le deuxième trimestre de cette année par rapport au trois premiers mois de l’année et par rapport à la même période de 2025, le PIB a baissé de 0,4%. Les spécialistes avertissent pourtant que le moteur de l’économie est déséquilibré – alors que les investissements ont rapidement augmenté, la consommation de la population a chuté. Le commerce, les transports, l’Horeca sont les secteurs qui ont connu la baisse la plus significative et qui ont contribué le plus à l’évolution négative du PIB, suivis par l’industrie et par les transactions immobilières. Par ailleurs, le secteur du BTP est le principal domaine ayant connu une évolution positive.
La structure de l’économie reste fragile, déclare le président de l’Association roumaine des analystes financiers et bancaires, Flavius Jakubowicz : « Aujourd’hui, l’économie roumaine repose sur un seul pilier : le bâtiment et l’investissement, qui progressent de plus de 15 %, tandis que la consommation des ménages recule de plus de 3 %. Nous savons que l’économie roumaine est fortement dépendante de la consommation et n’oublions pas que l’industrie et le commerce sont également en contraction. On ne peut pas parler de récession technique, mais nous évoluons dans un contexte d’équilibre extrêmement instable. » a déclaré Flavius Jakubowicz, président de l’Association roumaine des analystes financiers et bancaires.
Une inflation toujours revue à la hausse
La société de conseil Frames, un groupe de réflexion économique spécialisé dans l’élaboration d’analyses et d’études de marché sur l’économie, avec plus de 20 ans d’expérience, constate également que l’activité économique connaît une stagnation en Roumanie. Les spécialistes évoquent une stagflation, caractérisée par une stagnation économique et une inflation élevée qui bloque toujours la consommation de la population. La Banque centrale a révisé à la hausse pour la deuxième fois cette année ses prévisions sur le taux d’inflation : de 3,9% à 5,5% et puis de 6,1% pour la fin 2026, avec un retour dans l’intervalle cible vers le dernier trimestre de l’année 2027, rappellent les spécialistes de Frames, selon lesquels, l’avertissement évoqué dans le rapport du mois d’août est celui qui compte le plus pour sa conclusion : l’inflation de base ne cesse d’augmenter même si l’économie passe par une étape de contraction. C’est exactement ce qui sépare un épisode inflationniste habituel de stagflation, affirment les analystes.
Le long chemin du redressement budgétaire
La Roumanie est passée par une année de consolidation, étant soumise à la correction fiscale et budgétaire la plus ambitieuse de l’UE, passant d’une économie reposant sur la consommation financée par des emprunts, à une économie basée sur les investissements et le développement à long terme, affirme le ministre par intérim des Finances, Alexandru Nazare. Dans une publication sur sa page Facebook, il a réalisé une radiographie économique de la Roumanie rappelant qu’en 2024, le pays a eu un déficit budgétaire de 9,3% du PIB. Aucun autre Etat de l’UE n’a commencé l’année 2025 avec un déficit de plus de 6%, alors que la moyenne de l’UE a été de 3,1%, a noté le ministre des Finances. Conformément aux prévisions de la Commission européenne, le déficit annuel de la Roumanie a baissé à 7,9% du PIB en 2025 et il devrait arriver à 6,2% en 2026. Pour la deuxième année consécutive, la Roumanie se propose de rapporter la réduction du déficit la plus ample de l’UE, précise Alexandru Nazare.