26.08.2026 (mise à jour)
La Roumanie a reçu une première tranche de 2,5 milliards d’euros au titre de l’instrument SAFE/ Le Sénat roumain a adopté la nouvelle loi sur l'intégrité, contestée par l'USR mais aussi par deux grands groupes politiques européens, le PPE et Renew Europe/ Le MAE roumain confirme la convocation, jeudi, au ministère russe des Affaires étrangères de son chargé d’affaires à Moscou.
Newsroom, 26.08.2026, 19:29
SAFE – La Roumanie a reçu mercredi une première tranche de 2,5 milliards d’euros au titre de l’instrument « Agir pour la sécurité de l’Europe », connu sous le nom de SAFE. Cette tranche représente 15 % de l’enveloppe totale de 16,7 milliards d’euros destiné à la Roumanie, a indiqué la Commission européenne. Ce financement soutiendra les investissements prioritaires dans le domaine de la défense et la modernisation des capacités militaires, et les versements suivants seront accordés au fur et à mesure que le pays arrive à répondre aux objectifs fixés. Le commissaire européen chargé de la défense et de l’espace, Andrius Kubilius, a déclaré que « cette première tranche marque une étape importante pour la défense européenne et pour une Europe plus souveraine ». Selon lui, ce financement « renforcera les capacités de défense et la base industrielle de la Roumanie, tout en contribuant à la sécurité globale de l’Europe ». Bucarest a déjà commandé, dans le cadre du programme SAFE, des véhicules de combat d’infanterie, des navires de patrouille maritime et d’intervention des plongeurs, des systèmes de défense antiaérienne, des systèmes de drones militaires, des missiles sol-air, des hélicoptères de transport et des systèmes modernes de défense anti-drones.
Loi sur l’Intégrité – Le Sénat roumain a adopté, en tant qu’instance décisionnaire, la nouvelle loi sur l’intégrité, dans une version contenant un article controversé qui prévoit que les élus jugés incompatibles ou en situation de conflit d’intérêts par un tribunal avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi perdent leur mandat. L’Union Sauvez la Roumanie (USR), seule formation politique ayant voté contre le texte, affirme que cet article viole le principe de la non‑rétroactivité. Contesté devant la Cour constitutionnelle, il a toutefois été jugé conforme à la Loi fondamentale du pays. Rappelons-le, mardi, les dirigeants de deux grands groupes politiques pro‑européens du Parlement européen, Manfred Weber, président du Parti populaire européen, et Valérie Hayer, présidente de Renew Europe, ont averti la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur le risque que le versement de la tranche de 770 millions d’euros de la Facilité pour la reprise et la résilience destinée à la Roumanie pourrait contribuer à fragiliser la démocratie, en raison des modifications législatives récemment apportées à la Loi sur l’intégrité. Au centre de la contestation l’on retrouve ce que l’on appelle « l’amendement Fritz », introduit par le Parti Social-Démocrate et l’Alliance pour l’Union des Roumains (soit opposition sociale‑démocrate et celle populiste et ultranationaliste). Weber et Hayer soulignent que cet amendement a été rédigé spécifiquement contre le maire de Timișoara et président de l’USR, Dominic Fritz, constituant une rétroactivité manifestement non-constitutionnelle et une instrumentalisation des leviers juridiques à des fins politiques.
Convocation – Le ministère roumain des Affaires étrangères de Bucarest confirme la convocation, jeudi, au ministère russe des Affaires étrangères de son chargé d’affaires par intérim à Moscou. « Nous présumons que cette convocation constitue une réponse aux mesures diplomatiques adoptées par la Roumanie face à la série d’incidents impliquant des drones, engendrée par la guerre d’agression menée par la Fédération de Russie en Ukraine », indique la diplomatie roumaine. D’ailleurs, en juillet, l’ambassadeur de Roumanie à Moscou, Cristian Istrate, a été rappelé à Bucarest pour des consultations après plusieurs incidents impliquant des véhicules aériens sans pilote ayant pénétré l’espace aérien roumain. Bucarest a également déclaré persona non grata un diplomate russe, Moscou ayant averti que ces actions recevraient une « réponse adéquate ».
Enquête – La secrétaire générale adjointe du gouvernement roumain, Cristina Trăilă, a démissionné de ses fonctions suite aux accusations de corruption portées contre elle par les procureurs de la DNA. Ceux-ci ont engagé des poursuites pénales contre Mme Trăilă pour complicité d’abus d’influence ou d’autorité dans le but d’obtenir, pour elle-même ou pour autrui, de l’argent, des biens ou d’autres avantages indus. Selon les procureurs, les 3 et 4 novembre 2025, Mme Trăilă, en sa qualité de secrétaire générale adjointe du Gouvernement, aurait soutenu l’ancien chef du Parti national libéral de Vaslui, Mihai Barbu, dans ses démarches de mettre de la pression sur le président de l’Agence nationale sanitaire vétérinaire pour remplacer le directeur de la Direction Sanitaire-Vétérinaire de Vaslui par une personne agréée par l’administrateur d’une société spécialisée dans l’élevage de volailles. Cristina Trăilă a clamé son innocence. Elle a précisé qu’elle avait présenté sa démission afin de ne pas nuire à l’image du Premier ministre par intérim, son collègue de parti Ilie Bolojan.
Salaires – En Roumanie, les syndicats de l’éducation ont rejeté, ce mercredi, la dernière version du projet de loi sur la rémunération dans le secteur public estimant que l’ensemble de l’annexe consacrée à l’enseignement témoigne d’un « mépris » à l’égard du personnel de ce secteur. C’est dans ce contexte tendu qu’à Bucarest, les représentants des ministères et des partis ont ce mercredi une dernière réunion technique consacrée à la Loi de la transparence salariale dans le secteur public. Les chances d’aboutir à un consensus restent toutefois infimes, après que les négociations menées mardi sous la coordination du président Nicuşor Dan n’ont débouché sur aucun résultat. A noter que le projet doit être adopté, promulgué et publié au Journal officiel avant le 31 août, afin que la Roumanie puisse bénéficier d’une tranche de 770 millions d’euros dans le cadre du Plan national de relance et de résilience. De son côté, le premier ministre par intérim, Ilie Bolojan, a rappelé que le gouvernement a exploré toutes les possibilités de compromis avec l’Union européenne, mais les revendications financières des syndicats dépassent les capacités du budget. Ce mercredi encore, la Chambre des députés a adopté le projet de loi relatif à l’intégration de l’hydrogène issu de sources renouvelables et à faibles émissions de carbone dans les secteurs de l’industrie et des transports. Cette initiative constitue une réforme en suspens – prévue dans le PNRR – dont la mise en œuvre conditionne l’approbation de la demande de paiement n° 5, d’un montant total de 2,84 milliards d’euros.
Football – Le club champion de Roumanie de football, l’Universitatea Craiova (sud), affrontera jeudi l’équipe d’Ararat-Armenia Erevan, lors du match retour décisif des barrages de la Ligue Europa. Lors du match aller, disputé à Craiova, les deux équipes ont fait match nul, 1 partout. En cas de défaite, le club roumain s’est assuré la participation à la phase de groupes de la Ligue des conférences, troisième compétition européenne de football.
Météo – La météo sera capricieuse dans les heures à venir, notamment dans le centre, l’est et le sud du pays, où de nouvelles vigilances code jaune aux pluies à verse et phénomènes orageux sont en vigueur. Jeudi soir, l’alerte code jaune concernera également le centre, le sud et l’est du territoire, ainsi que les régions des Carpates Méridionales et Orientales.