Baisse du déficit budgétaire de la Roumanie
Le déficit budgétaire de la Roumanie a diminué cette année, mais cette réduction ne doit pas avoir d'incidence sur le niveau de vie de la population, a déclaré le gouvernement de Bucarest.
Sorin Iordan, 04.11.2026, 11:17
Le déficit budgétaire de la Roumanie s’est contracté à 3,81 % du produit intérieur brut au cours des neuf premiers mois de 2026, contre 5,31 % sur la même période un an plus tôt, a annoncé le ministère des Finances. Il s’établit ainsi à 78,3 milliards de lei (14,6 milliards d’euros), soit près de 24 milliards de lei de moins qu’à la même échéance en 2025. Parallèlement à cette réduction du déficit, les investissements publics ont progressé d’environ 30 %, pour atteindre près de 108 milliards de lei (plus de 20 milliards d’euros), dont plus de 65 % financés par des fonds européens. Le ministre des Finances, Alexandru Nazare, a toutefois souligné que l’atteinte de l’objectif de déficit fixé à 6,2 % pour la fin de l’année dépendait de l’encaissement des dernières tranches du Plan national de relance et de résilience (PNRR), qui devraient apporter quelque 4 milliards d’euros au Trésor public. Il a également mis en garde contre le poids croissant des intérêts de la dette publique, qui dépassent désormais 3 % du PIB et pèsent lourdement sur les finances de l’État. Alexandru Nazare :
« Notre dette publique a augmenté, son rythme s’est accéléré ces cinq dernières années, c’est incroyable. Et, concrètement, qu’est-ce que la dette publique ? C’est une sorte de sac dans lequel on jette les déficits de chaque année, et plus les déficits sont importants, plus le sac devient lourd. Et plus lourd à porter, avec des coûts plus élevés. Et n’oubliez pas que lorsque nous atteignons 3 % ou un peu plus de 3 %, les frais d’intérêts représentent, en pratique, la moitié du déficit prévu pour cette année. Cela devient de plus en plus difficile à supporter. Il est donc impératif que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire les coûts de financement. »
La consolidation budgétaire à l’épreuve des tensions sociales
Alexandru Nazare a précisé que la Roumanie devrait poursuivre, en 2027, son effort d’assainissement des finances publiques, avec un déficit ramené aux alentours de 5 % du PIB. Selon lui, cette réduction permettrait de dégager des ressources au bénéfice du secteur privé. Le gouvernement de Bucarest entend notamment stimuler les investissements privés en supprimant, dès la fin de cette année, l’impôt minimum sur le chiffre d’affaires, tout en déployant des dispositifs de soutien à l’investissement et un ensemble de mesures destinées à simplifier les procédures administratives pour les entreprises. La poursuite de l’ajustement budgétaire, nécessaire pour réduire le déficit et respecter la trajectoire convenue avec la Commission européenne, devra néanmoins tenir compte des difficultés économiques et sociales auxquelles la population est confrontée, a déclaré le Premier ministre roumain, Luca Niculescu. Ce dernier a récemment multiplié les consultations avec les représentants du patronat et des syndicats, alors que les organisations syndicales réclament une hausse du salaire minimum en 2027, tandis que les employeurs plaident pour son gel. Dans un entretien accordé à la télévision publique, le chef du gouvernement a reconnu que le pouvoir d’achat avait déjà été affecté, avertissant que de nouvelles mesures d’austérité risqueraient d’accentuer les tensions sociales. Luca Niculescu a enfin annoncé que le ministère des Finances présenterait, d’ici deux à trois semaines, une évaluation de la situation budgétaire et fiscale, qui servira de base à la définition des prochaines mesures économiques.