Contraction économique en Roumanie
L'économie roumaine a stagné au premier trimestre par rapport aux trois derniers mois de 2025 et a reculé par rapport à la même période de l'année précédente
Corina Cristea, 10.07.2026, 13:11
L’économie roumaine traverse une période difficile. Selon les données publiées ce jeudi par l’Institut national de la statistique, elle est en phase de stagnation par rapport au dernier trimestre 2025 et connaît une contraction annuelle. Par rapport à la même période de l’année précédente, l’économie nationale a reculé de plus de 1 % au cours du premier trimestre. Plus précisément, le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 1,2 % en données brutes et de 1,1 % en données corrigées par variations saisonnières. L’industrie et la consommation privée sont les principaux moteurs de cette contraction, tandis que seuls quelques secteurs, dont le BTP, soutiennent l’activité économique. Par conséquent, l’industrie, qui représente une partie importante du PIB, a eu une contribution négative d’environ 0,2 %. Cette évolution reflète à la fois la baisse de la demande extérieure, notamment de la part des économies européennes, et des problèmes internes liés, entre autres, à la compétitivité et à la faiblesse des investissements dans les technologies.
Le commerce, les transports, le secteur de HORECA ont également contribué négativement à l’évolution du PIB ; une situation qui témoigne du ralentissement de la consommation des foyers, dans un contexte de forte inflation et de baisse du pouvoir d’achat. Enfin, le secteur des technologies de l’information et de la communication, qui avait été l’un des moteurs de croissance de ces dernières années, a lui aussi enregistré une contribution négative. Selon les données, les investissements ont contribué positivement, mais dans une moindre mesure que prévu.
« L’économie roumaine traverse une sorte d’époque glaciaire en matière d’investissements, où cette forme de stagflation, fortement marquée par le contexte local, est devenue une réalité », explique le conseiller économique Adrian Negrescu dans une publication sur Facebook. Il précise que cette situation s’inscrit dans le contexte des décisions fiscales et administratives prises ces dernières années et que les investissements financés par des fonds européens ont permis d’éviter la récession.
Pour sa part, le président de la CFA Roumanie, l’association des professionnels en investissements de Roumanie qui détiennent la qualification « Chartered Financial Analyst », Adrian Codirlaşu, explique que les chances de reprise économique d’ici la fin de l’année sont faibles et que les fonds européens demeurent, pratiquement, le principal moteur de la croissance :
« A mon avis, il sera extrêmement difficile de compenser la baisse annuelle de 1,2 % du PIB cette année. Par conséquent, je pense que la récession est le scénario le plus probable. Certes, une légère récession, mais c’est la récession que la Roumanie connaîtra cette année, et nous verrons plus tard ce qui arrivera l’année prochaine. Tout dépend de notre capacité à attirer des fonds européens. Ceux-ci restent le seul moteur de croissance de l’économie roumaine. Non seulement cette année, mais aussi l’année prochaine, je dirais. »
Cette prévision intervient alors que la Banque nationale de Roumanie (BNR) n’anticipe qu’une légère reprise de l’activité économique au deuxième trimestre de 2026. Les données analysées par la Banque centrale montrent que, dans le commerce, le déclin des ventes a ralenti et que le secteur du BTP a fortement accéléré, pourtant la production industrielle ne cesse de baisser. D’ailleurs, le nombre d’emplois a diminué et les entreprises font état d’une baisse de leurs intentions d’embauche. Dans ce contexte, l’attention se porte sur les fonds européens et le Plan national de relance et de résilience. A noter que les avis des économistes et de la Banque nationale sont unanimes : les financements européens sont indispensables pour soutenir les investissements et limiter l’impact des mesures de réduction du déficit budgétaire.