La Roumanie en état d’alerte énergétique
Le Tableau estival n’est pas du tout rose en Roumanie: au contraire, on parle de canicule, de sécheresse et de déficit d’énergie électrique.
Bogdan Matei, 07.08.2026, 13:33
Frappée de plein fouet par une saison estivale des plus caniculaires et sèches des dernières décennies, la Roumanie maintient l’état d’alerte énergétique. La baisse des débits des rivières met à mal le fonctionnement des centrales hydroélectriques, en dépit d’un réseau hydrographique qualifié de riche par les spécialistes. De plus, le Danube, dont le débit a atteint un minimum historique, pourrait ne plus pouvoir refroidir les réacteurs de la centrale nucléaire de Cernavodă (sud-est), qui assure près de 20% des besoins en électricité de la Roumanie. En même temps, les installations de climatisation de l’air fonctionnent sans interruption dans les immeubles d’habitation, les institutions, les grandes surfaces et les transports publics. Certaines municipalités ont accepté de réduire l’éclairage public nocturne et d’abandonner celui architectural, qui met en valeur les bâtiments emblématiques des grandes villes durant la nuit.
La sobriété énergétique est le mot d’ordre
Pour pallier à cette situation de crise, les grands consommateurs seront obligés à limiter l’utilisation de l’énergie électrique sur les plages horaires durant lesquelles la consommation est la plus élevée. Le gouvernement par intérim a adopté un arrêté aux termes duquel les compagnies ciblées en seront prévenues 24h à l’avance, les mesures allant s’appliquer uniquement si les réductions volontaires de la consommation d’électricité ne couvrent pas les besoins en énergie. Un centre opérationnel national a également été créé dans le secteur énergétique, avec la participation des représentants des principaux producteurs et fournisseurs, pour mettre en œuvre le plan de gestion des risques dans ce secteur. Les consommateurs domestiques et les institutions à fonctionnement permanent, telles que les hôpitaux et établissements de soins, ne seront pas débranchés du système d’énergie, a précisé le Premier ministre Ilie Bolojan. La Commission européenne a elle-aussi annoncé qu’elle suit de près les effets de la sécheresse sur l’état du Danube, mais elle affirme ne pas avoir identifié de problèmes liés à la fourniture d’énergie électrique, malgré le fonctionnement réduit au minimum des centrales nucléaires en Roumanie et en Hongrie. Dans une déclaration à Radio România, la porte-parole de la Commission, Anna Itkonen, a précisé que des mécanismes de solidarité régionale étaient en mesure de s’activer en cas de nécessité.
Une crise qui met en lumière l’importance des investissements
Du point de vue de l’économie, les données collectées par l’Institut National de la Statistique indiquent une hausse annuelle des prix de près de 25% dans le secteur de l’énergie, tandis que la production et la fourniture d’électricité, de gaz et d’énergie thermique ont augmenté de plus de 23%. L’analyste économique Constantin Rudniţchi souligne, également sur Radio România, que ces évolutions ne concernent pas seulement les compagnies, mais qu’elles finissent par toucher aussi les consommateurs. La crise énergétique actuelle met en lumière l’importance des investissements dans les capacités de production, d’acheminement et de stockage de l’énergie électrique, surtout que la sécheresse concernant le Danube n’est pas un phénomène isolé, ayant le potentiel de revenir dans les prochaines années, avertit à son tour, dans les médias, l’analyste Bogdan Maioreanu. (trad Ileana Taroi)