Nomination d’un nouveau Premier ministre
Le président a désigné l’eurodéputé Siegfried Mureșan au poste de Premier ministre.
Roxana Vasile, 18.09.2026, 12:32
Siegfried Mureșan, homme politique de 44 ans formé à Berlin et à Bruxelles avant de s’engager en politique à Bucarest, a été proposé par le président Nicusor Dan pour le poste de Premier ministre. Il s’agit du troisième candidat au cours de ces cinq derniers mois, depuis la chute du gouvernement libéral dirigé par Ilie Bolojan, et qui se composait du Parti National Libéral, de l’Union Sauvez la Roumanie et de l’Union Démocrate Magyare de Roumanie, destitué par le Parlement suite à une motion de censure.
Face à des divergences partisanes irréconciliables et à un refus de tout compromis, les partis représentés au Parlement de Bucarest n’ont donné aucune chance aux deux précédentes propositions du chef de l’Etat. Il s’agit de l’eurodéputé Eugen Tomac, sans affiliation à aucun parti parlementaire, et du libéral Adrian Veștea refusé par certains de ses collègues. Convaincu de ne pas pouvoir obtenir la majorité, Eugen Tomac a démissionné avant de se présenter au Parlement pour solliciter un vote de confiance pour son équipe. Quant au gouvernement formé par Adrian Veștea, il a été rejeté lors du vote.
La nouvelle nomination de Siegfried Mureșan, membre du Parti National Libéral, au poste de Premier ministre, aura-t-elle cette fois-ci du succès ? Son mandat de député européen depuis 2014 et sa fonction actuelle de vice-président du groupe PPE au Parlement européen auront-ils d’importance ? Selon le président Nicusor Dan, il recueille pour l’instant le plus grand nombre de voix exprimées par le Parti National Libéral, l’Union Sauvez la Roumanie et l’Union Démocrate Magyare de Roumanie lors des consultations qui ont précédé sa nomination.
Nicușor Dan :
« Hormi le fait qu’il ait été proposé par les trois partis, il dispose d’ une expérience du Parlement européen et a mené des négociations importantes au fil du temps, donc il a l’expertise requise pour ce poste. Compte tenu des options exprimées publiquement aussi par les partis et même lors des consultations d’aujourd’hui, la tâche du Premier ministre désigné s’annonce difficile. »
Dix jours pour proposer la liste des ministres
Conformément à la loi, Siegfried Mureșan dispose de dix jours pour former son gouvernement et solliciter un vote de confiance du Parlement, ce qui représente une tâche difficile. Il a besoin de recevoir le soutien de la part des 233 parlementaires pour valider son programme et sa liste de ministres, alors que les trois partis qui l’ont proposé conjointement n’en comptent que 170. Le Parti National Libéral et l’Union Sauvez la Roumanie voit en Siegfried Mureșan un homme politique sérieux, décent, avec une expérience qui doit être mise au service du pays.
A l’inverse, leur actuel adversaire politique, le Parti Social-Démocrate, ancien partenaire de coalition, accuse le député européen d’avoir mené une campagne à Bruxelles contre la Roumanie afin de réduire les financements européens. Selon les représentants sociaux-démocrates la trahison est incompatible avec la défense des intérêts nationaux.
Enfin, les ultranationalistes d’extrême droite de l’Alliance pour l’Union des Roumains maintiennent leur décision de ne pas voter pour un gouvernement dont ils ne font pas partie.
Si le gouvernement formé par Siegfried Mureșan échoue et est rejeté par le Parlement, la Roumanie pourrait être confrontée à des élections anticipées. D’ailleurs le président Nicusor Dan a critiqué les partis pour avoir donné la priorité à des préoccupations électorales plutôt que de se soucier de la population, ce qui n’est pas normal. Pourtant il a exprimé sa conviction que la Roumanie resterait sur la voie pro-occidentale et honorerait ses engagements, y compris concernant sa trajectoire fiscale.