Le cabinet Muresan, rejeté par le Parlement
Le gouvernement proposé par Siegfried Mureșan n’a pas obtenu les voix nécessaires à son investiture.
Roxana Vasile, 01.10.2026, 10:30
Comme tout le monde s’attendait, le gouvernement proposé par le Premier ministre désigné, le libéral Siegfried Mureşan, n’a pas obtenu mercredi les voix nécessaires à son investiture. Sur les 464 députés que compte le Parlement, seuls 321 étaient présents à la séance. Le scrutin s’est soldé par 182 voix favorables et 15 contre, sur 197 votes valablement exprimés. Or, pour être investi, ce gouvernement devait recueillir au moins 233 voix, soit la majorité de l’ensemble des députés et sénateurs.
Les partis, de nouveau convoqués
Le président Nicuşor Dan a donc annoncé qu’il convoquerait de nouveau les partis politiques représentés au Parlement lundi pour des consultations, en vue de désigner un nouveau Premier ministre. Celui-ci devra tenter de former une nouvelle majorité, cinq mois après la destitution, par une motion de censure, de l’actuel gouvernement composé du PNL, de l’USR et de l’UDMR, qui fonctionne depuis lors à titre intérimaire. Le député européen Siegfried Mureșan a été le troisième candidat proposé par le président pour le poste de Premier ministre, après l’europarlementaire Eugen Tomac et le libéral Adrian Veștea, rejeté même par plusieurs de ses collègues de parti. Convaincu qu’il ne pourrait pas obtenir la majorité, Tomac a démissionné de son mandat avant même de se rendre au Parlement pour demander un vote de confiance en faveur de son équipe. Quant au gouvernement formé par Veștea, il a été rejeté au vote, tout comme celui que Siegfried Mureșan avait proposé mercredi au Parlement.
Le président refuse le scénario des élections anticipées
Selon la Constitution, si le Parlement rejette à deux reprises un Premier ministre désigné, le président de la République peut dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées. Or, Nicușor Dan refuse un tel scénario et devrait procéder, la semaine prochaine, à une quatrième nomination. Selon lui, l’organisation d’élections anticipées conduirait à une instabilité totale et bloquerait la rectification budgétaire, qui devrait être effectuée de toute urgence. De plus, il trace une ligne rouge, en subordonnant la formation de la future majorité à l’isolement politique des nationalistes de l’Alliance pour l’union des Roumains.
AUR conditionne son vote de la libération de Călin Georgescu
Le chef de l’État affirme qu’il a le devoir de respecter le mandat que lui ont confié les citoyens, axé sur la préservation de l’orientation pro-occidentale du pays, alors que l’AUR – arrivée en deuxième position dans les intentions de vote des Roumains lors des dernières élections législatives, derrière le PSD – ne remplit pas cette condition. La ligne rouge de Nicușor Dan complique toutefois les calculs pour la formation d’un futur gouvernement de plein exercice, après que l’AUR a tracé sa propre ligne rouge: le parti ne votera en faveur d’aucun gouvernement tant que l’ancien candidat à l’élection présidentielle annulée de 2024, Călin Georgescu, n’aura pas été libéré de la détention provisoire dans laquelle il a été placé, pour une durée de 30 jours, au début de cette semaine.
La scène politique, dans l’impasse
Par conséquent, la scène politique semble toujours dans l’impasse. Le PSD affirme être prêt à proposer une alternative à l’austérité menée jusqu’à présent, grâce à un programme visant à relancer l’économie et à redonner confiance et espoir aux Roumains… mais, à lui seul, il ne dispose pas de la majorité. Quant au PNL, à l’USR et à l’UDMR – qui, ensemble, ne disposent pas non plus d’une majorité parlementaire –, ils ont refusé, du moins jusqu’à présent, de rejoindre un gouvernement aux côtés du PSD, leur partenaire de coalition jusqu’au printemps dernier. Or, le calcul est simple : sans le PSD et le PNL, il est impossible de former une majorité pro-européenne, comme le souhaite le chef de l’État.